Kamigawa : Neon Dynasty - Chapitre 4 : L’irruption - Magic the Gathering

Kamigawa : Neon Dynasty - Chapitre 4 : L’irruption



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Drark Onogard, le , 154 consultations

A peine la Vagabonde est-elle de retour sur son trône, que Jin-Gitaxias, tyran du progrès, déclenche une attaque des insurrectionnaires sur Eiganjo. Que cherche donc le Praetor ?

  La storyline de Magic / Kamigawa: Neon Dynasty

A peine la Vagabonde est-elle de retour sur son trône, que Jin-Gitaxias, tyran du progrès déclenche une attaque des insurrectionnaires sur Eiganjo. Que cherche donc le Praetor ? Vous trouverez l'article original ici.

Episode 4 : L'irruption



L'impératrice se tenait en face de Kaito, tandis que la lueur ambrée des lanternes alentour dessinait sa silhouette élancée et son visage à moitié caché sous l'ombre d'un large chapeau.

Il y a dix ans, Kaito avait juré de ne jamais mettre les pieds au Palais jusqu'au retour de l'impératrice. Et maintenant elle était là – une Planeswalker, tout comme lui – entourée par les murs du Palais Impérial.

Kaito n'éprouvait aucune nostalgie au sujet d'Eiganjo. Se tenir dans le jardin de sakuras de l'impératrice, c'était comme se tenir dans un rêve qui ne lui appartenait pas. Comme s'il était une pièce dans le mauvais puzzle.

Il y avait un vide dans les yeux de l'impératrice qui suggérait qu'elle le ressentait aussi – l'écart.

Tamiyo roula son parchemin et le glissa soigneusement dans sa sacoche, rompant le sort d'invisibilité qui les avait masqués pendant des heures. « Je pense toujours que nous aurions dû alerter les gardes de votre arrivée à la porte. » Elle secoua la tête avec le genre de grâce soyeuse que Kaito n'avait jamais maîtrisé. « Nous ne pouvons pas garder votre retour secret pour toujours.
- Je n'ai pas besoin d'une éternité, répondit doucement l'impératrice dont les cheveux blancs bougeaient dans la brise du petit matin. Je n'ai besoin que de quelques instants. » Elle se tourna vers le porche, ouvrit la porte du temple de Kyodai et disparut à l'intérieur.

Kaito essaya de ne pas réagir au nœud qui se formait dans sa gorge. Il rêvait de leurs retrouvailles depuis près d'une décennie, mais l'impératrice l'avait à peine regardé depuis qu'elle avait arrêté le mech sur Otawara.

Peut-être que le temps les avait rendus étrangers.

Elle était l'impératrice de Kamigawa ; une amitié d'enfance était probablement le cadet de ses soucis.

« Ça doit être bouleversant de revenir ici après tant d'années. » La voix de Tamiyo s'estompait comme une berceuse. Pas seulement pour l'impératrice, ajouta-t-elle sans mots, mais pour toi aussi.

Kaito pinça ses lèvres. « Est-ce une hypothèse hasardeuse, ou est-ce que tu lis dans mes pensées ?
- Je ne peux pas entendre les pensées dans toute leur complexité. Mais je sens la vérité derrière tes yeux. »  Tamiyo fit signe vers le jardin environnant. « Tu as été ici avant. Plusieurs fois, peut-être. »

Kaito serra les dents alors qu'il regardait les fleurs à proximité. Elles semblaient plus flétries qu'il ne les avait jamais vues, et il n'y avait pas un seul kami dans le coin.

Enfant, le jardin de l'impératrice était l'un des endroits préférés de Kaito sur Kamigawa. Mais maintenant? Il semblait vide de vie, comme s'il n'était rien de plus qu'un cimetière oublié ou un sanctuaire vide.

Kaito n'avait jamais perdu espoir quant au retour de l'impératrice, mais peut-être que tous les Impériaux ne partageaient pas sa foi.

« Nous avions l'habitude de nous retrouver ici, quand nous étions enfants, dit calmement Kaito. Je n'ai jamais senti d'appartenance à Eiganjo, mais l'impératrice... » Sa voix devint solennelle. « Elle était la raison pour laquelle je suis resté si longtemps. »
Tamiyo hocha la tête. « Elle était aussi la raison de ton départ. Un chemin qui t'a mené à devenir Planeswalker. »
Kaito laissa échapper un rire fatigué. « Si tu es sur le point de me faire un discours d'encouragement sur le destin et les choses qui arrivent pour une raison, ne t'en fais pas. Je crois que la vie est une série de choix. » Il haussa les épaules. « Si nous n'aimons pas nos options, nous pouvons supplier, nous battre ou voler pour les changer. »
Le front de Tamiyo se contracta, peu impressionnée. « Tu as un sens de l'optimisme très sombre, Kaito. »

Avant qu'il ne puisse répondre, un étrange gémissement retentit du plus profond du temple. Kaito reconnut la voix de Kyodai – comme un cri, une chanson et un murmure à la fois. Les yeux de Tamiyo se dirigèrent vers la porte, son esprit évaluant au-delà de ce que Kaito pouvait voir, mais il n'attendit pas sa permission. Il courut vers Kyodai et l'impératrice, les pieds martelant le sol en bois comme son cœur avait battu il y a dix ans quand il courait dans le même couloir.

C'était Tezzeret qu'il avait trouvé dans la chambre cette nuit-là. L'homme au bras de métal qu'il traquait depuis dix ans.

Kaito prit le dernier virage et s'arrêta en dérapant. Ce n'était pas Tezzeret qui l'attendait, c'était Kyodai, enfin réuni avec l'impératrice.

Le corps doré du kami s'étendait profondément dans la brume, à moitié caché dans l'eau peu profonde. Elle se tordait mal à l'aise, même avec la main de l'impératrice pressée contre son visage baissé, la sphère noire sur son front plus terne que dans le souvenir de Kaito.

Kyodai gémissait comme si elle souffrait, et l'impératrice tressaillit, son ventre se serra en réponse.

Tamiyo flotta d'urgence à ses côtés. « Votre Etincelle est toujours instable. Vous ne pouvez pas rester sur Kamigawa sans aide. »

Le bout des doigts de l'impératrice trembla. Le combat pour rester sur ce plan n'était pas facile.

« De quel type d'aide a-t-elle besoin ? » Kaito s'avança vers eux, les bras fixés à ses côtés. « Que puis-je faire ? »

Le regard violet de Tamiyo était fixé sur celui de l'impératrice. Ils avaient une conversation à laquelle Kaito n'avait pas partie.

Il ne se souciait pas d'être laissé de côté. Il voulait juste ce qu'il y avait de mieux pour son amie.

L'impératrice hocha brièvement la tête, et Tamiyo regarda Kaito et lui tendit la main. « La Puce de Réalité, s'il te plaît. »
Kaito sortit l'objet de sa poche sans la moindre hésitation, le posant dans la paume de Tamiyo. « Cela l'empêchera-t-il de se transplaner ? »
Tamiyo étudia un instant les fils qui lui donnaient des airs de méduse avant de prendre la main de l'impératrice. « Je pense que cela vous aidera à vous stabiliser pendant un certain temps, mais ce n'est pas une solution permanente. Sans l'étudier, je ne peux pas connaître tous ses effets – ou si l'un d'entre eux pourrait vous mettre en danger. »
La mâchoire de l'impératrice se contracta. Au-dessus d'elle, Kyodai hurlait de confusion. « Fais ce que tu dois faire. »







Tamiyo plaça la Puce de Réalité sur le dos de la main de l'impératrice. En un instant, sa base s'illumina et les fils fusionnèrent avec la chair de l'impératrice comme des veines pulsant d'énergie. Elle laissa échapper un cri aigu, se préparant à la douleur, jusqu'à ce que la Puce de Réalité semblât s'installer comme une simple extension de son propre être.

Kyodai s'immobilisa, et pendant un moment, l'impératrice eut l'air en paix.

Kaito vit son visage se tordre une fois de plus, et elle jeta ses mains sur ses tempes, serrant comme si elle était à l'agonie. Il se tourna vers Tamiyo. « Allez trouver Svelte-Patte – elle a besoin de savoir que l'impératrice est de retour. Peut-être qu'elle peut faire quelque chose pour aider ! »

Tamiyo hocha la tête et vola vers la porte sans un mot de plus. Quand l'impératrice tomba à genoux, Kaito s'agenouilla aussi, les mains pressées sur ses épaules comme si les formalités n'avaient plus d'importance.

En dehors du combat, il aurait été interdit de toucher l'impératrice comme ça. Mais Kaito ne voyait pas l'impératrice de Kamigawa, il voyait une amie qui souffrait.

« De quoi avez-vous besoin ? » Son regard tomba sur sa main. « Si ça vous fait mal, je peux l'enlever.
- Non, dit vivement l'impératrice, le souffle coupé. Ce... ce n'est pas ça. Ce sont les visions. » Elle se grattait frénétiquement le crâne. « Je peux voir le labo. Je peux voir le monstre. »

Jin-Gitaxias. Kaito fronça les sourcils. Il avait trouvé la Puce de Réalité à côté d'une machine. Était-il possible que les deux soient liés d'une manière ou d'une autre ?

L'impératrice grimaça, mais après quelques secondes, elle desserra son emprise sur son front et son visage s'adoucit. Elle laissa tomber ses mains contre les bras de Kaito. C'était le plus proche qu'ils aient jamais été d'une étreinte.

Elle leva les yeux, chassant la confusion. « Kaito ?
- Je suis là, » dit-il d'une voix brisée. Il avait attendu dix ans pour dire ces mots.
L'impératrice prit une profonde inspiration. « Le monstre... il a informé Risona et les insurrectionnaires d'Asari de mon retour. Ils prévoient d'attaquer le palais de manière imminente. Ils espèrent attraper les Impériaux au dépourvu, avant que Kamigawa ne sache que leur impératrice est rentrée. »
L'esprit de Kaito s'emballait. « Si les insurrectionnaires arrivent, nous devons avertir les samouraïs impériaux. Eiganjo est en danger. »
L'impératrice serra les bras de Kaito. « Nous devons arrêter le monstre. Il a fait des expériences sur les kami. Torturé des innocents. » Elle secoua la tête. « Je ne le laisserai pas provoquer une autre guerre entre les royaumes des mortels et des esprits.
- Tu penses que c'est ce que veut Jin-Gitaxias ? Une guerre ? » Kaito restait stoïque. La Guerre des Kami s'était déroulée des milliers d'années plus tôt. Les historiens vivants et les archives avaient peut-être conservé les histoires, mais ces jours anciens étaient comme un mythe pour la plupart des gens. Quelque chose qui relevait plus de la légende que de la réalité.

Cela pourrait-il vraiment se reproduire ?

Kaito ne comprenait pas la logique derrière tout cela. Il y aurait sûrement des moyens plus simples pour provoquer des frictions entre les kami et les humains. Jin-Gitaxias aurait pu attaquer les portes de fusion ou massacrer des kami en plein jour.

Non. Il ne s'agissait pas d'une guerre, il s'agissait d'autre chose. Ce que Jin-Gitaxias faisait aux kami n'était jamais destiné à être découvert. Il l'avait fait en secret et avait même assassiné Tameshi pour l'empêcher de poser trop de questions.

« Tout ce que Jin-Gitaxias prépare implique Tezzeret. » Kaito leva les yeux vers Kyodai, qui se balançait toujours au-dessus de lui. Il n'avait jamais réalisé à quel point elle était vraiment terrifiante jusqu'à ce qu'il puisse voir les centaines de membres dorés se contracter sous son corps. « La nuit où vous avez disparu, Tezzeret a utilisé un prototype de Puce de Réalité sur Kyodai. Je pense qu'il essaie de trouver un moyen de contrôler les kami.
- Je me fiche de ce qu'il veut, dit l'impératrice. Mais je l'arrêterai avant qu'il ne mette en danger mon peuple. »

Les yeux de Kaito croisèrent les siens, quand il réalisa soudain combien de temps il l'avait regardée, cherchant sa vieille amie sur ce visage. Il commença à s'éloigner, mais l'impératrice resserra sa prise autour de ses bras.

« Tu me cherchais, dit-elle doucement. Même après tout ce temps. »
Il cligna des yeux et son visage rougissait. « Comment l'avez-vous appris ?
- J'ai voyagé sur de nombreux plans au fil des ans. Un Planeswalker de Kamigawa à la recherche de son impératrice disparue n'est pas une histoire que les gens oublient facilement. » Elle offrit un faible sourire. « Parfois, je n'étais qu'à un pas derrière toi. Si j'avais été capable de contrôler mon étincelle, nos retrouvailles auraient pu avoir lieu beaucoup plus tôt. »

Kaito sentit à nouveau la douleur dans sa poitrine. Pendant tout ce temps où il l'avait cherchée, il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'elle le cherchait peut-être aussi.

« Je suis désolé qu'il ait fallu si longtemps pour te ramener à la maison, dit Kaito.
- Je ne pouvais pas m'attendre à autre chose, répondit l'impératrice. Tu étais toujours en retard pour tout, même nos leçons d'entraînement.
- Quoi ? Ce n'est pas... » Kaito s'arrêta, avant d'entendre le rire caché aux confins de sa voix. Il soupira. « J'ai été en retard une fois . »

L'impératrice sourit, ses yeux s'illuminant comme un timide lever de soleil. Comme si cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie vraiment satisfaite.

Ils avaient peut-être tous les deux changé au fil des ans, mais à ce moment-là, Kaito avait l'impression qu'ils n'avaient pas vraiment changé du tout. Ils étaient deux amis dans le Palais Impérial, se parlant comme si toutes les règles du plan n'avaient pas d'importance.

Et cette fois, il n'y avait même pas d'écran de soie entre eux.

Kyodai chanta au-dessus de sa tête, son corps se retirant dans la brume.

« Elle est toujours confuse, admit l'impératrice. C'est à cause de notre lien – le vacillement de mon étincelle l'affecte beaucoup.
- Y a-t-il un moyen de le rétablir ? » demanda Kaito, mais l'impératrice ne répondit pas. Elle fixa simplement Kyodai, regardant le kami disparaître dans l'immensité de la pièce.

Un bruissement de pas résonna à l'extérieur et les portes du temple s'ouvrirent en grand. Debout dans l'arche se trouvaient Svelte-Patte et Eiko, avec Tamiyo flottant juste derrière elles.

La bouche de Svelte-Patte était entrouverte, sous le choc, ses yeux sombres passant de l'impératrice à Kaito et vice-versa. Kaito laissa immédiatement tomber ses mains des épaules de l'impératrice, et ils se levèrent tous les deux.

L'impératrice leva le menton avec une grâce inébranlable et dit : « C'est bon de vous voir, Svelte-Patte. Merci d'avoir aidé à prendre soin de Kamigawa en mon absence. Je suis reconnaissant pour tout ce que la cour a fait. »

Svelte-Patte ne se contenta pas simplement de trébucher dans une révérence – elle s'effondra pratiquement dedans. Eiko fit une révérence, descendant jusqu'à la taille, blême sous les lumières vives.

L'impératrice tordit sa bouche. « S'il vous plaît, nous avons peu de temps pour les formalités. Risona et les insurrectionnaires d'Asari sont en route pour Eiganjo au moment où nous parlons. Nous devons préparer nos forces immédiatement. »







Svelte-Patte se leva, le nez tremblant de confusion. « Comment le savez-vous ? »
Regardant brièvement Kaito, l'impératrice leva la main avec la Puce de Réalité intégrée. « Il semble que cet appareil soit toujours connecté à l'enceinte dans laquelle il a été volé. »
Tamiyo appuya ses pieds sur le sol. « Vous avez eu une vision du présent ? »
L'impératrice hocha la tête. « Le monstre a alerté les insurrectionnaires de mon retour. Ils veulent attaquer tant qu'ils croient avoir le dessus.
- Je ne comprends pas ce que Jin-Gitaxias a à gagner en attaquant Eiganjo. » Kaito haussa les épaules. « Il veut des sujets de test, pas un trône.
- Peut-être qu'il utilise la guerre comme une distraction. » Les yeux de l'impératrice devinrent vitreux. « Peut-être qu'il veut Kyodai. Ou peut-être qu'il veut juste ce qu'on lui a volé. » Elle jeta un coup d'œil à la Puce de Réalité. Si cela la rendait nerveuse, elle le cachait bien. « De toute façon, une bataille approche, et nous devons être prêts à nous battre.
- La Puce de Réalité est dangereuse même entre les mains les plus nobles. » Tamiyo étendit les bras, accentuant l'avertissement dans sa voix. « La meilleure chose que nous puissions faire pour Kamigawa est de la détruire tant que nous en avons encore la possibilité.
- Absolument pas, rétorqua Kaito dont le sang monta rapidement à la tête. Cette puce est la seule chose qui empêche l'impératrice de transplaner. Sans elle, elle pourrait être perdue pendant une autre décennie, peut-être même plus longtemps. »  Il secoua obstinément la tête. « Nous devons trouver une alternative.
L'impératrice étudia l'appareil comme si elle réfléchissait à ses pensées. « Je ne souhaite pas errer dans le Multivers sans aucun moyen de rentrer chez moi. Mais s'il s'agit de protéger Kamigawa...
« Kamigawa a besoin d'un impératrice, intervint Svelte-Patte. « Vous êtes ce qu'il y a de mieux pour votre peuple. »
A côté de lui, Eiko croisa les mains et hocha la tête. « Nous nous préparons à une rébellion depuis de nombreuses années. Les samouraïs impériaux sont prêts, nous vous protégerons, vous et Kyodai. »
Kaito regarda Tamiyo avec sérieux. « Il doit y avoir un autre moyen d'arrêter Jin-Gitaxias.
- Je ne connais pas de moyen pour que la Puce de Réalité existe sans constituer une menace, mais peut-être que le danger le plus immédiat est la recherche que nous avons laissée derrière nous. » Tamiyo avait les lèvres pincées, pensive. « Si nous détruisons le laboratoire, nous détruisons tout ce sur quoi ils ont travaillé – et peut-être que la destruction du lien avec la Puce de Réalité donnera à l'impératrice plus de contrôle. »

Le mélange de malaise et d'espoir dans la pièce était palpable.

« Je vais le faire, insista Kaito. Je détruirai le complexe de Tameshi. » Ses yeux passèrent devant Svelte-Patte, ignorant le pincement dans sa poitrine alors que cela lui faisait, et regardèrent sa sœur à la place. « Tout ce dont j'ai besoin, c'est de quelques détonateurs de la Crypte impériale. Je vais faire entrer les charges dans le laboratoire et les déclencher de l'extérieur. »
Eiko recula son visage avec désapprobation. « Ces armes ont été confisquées, Kaito. Elles ne sont pas approuvées par la réglementation. Tu ne devrais même pas les connaître . »
Kaito haussa un sourcil, narquois. « Pourquoi les garder sous clé si vous n'allez jamais les utiliser ?
- On s'en charge jusqu'à ce qu'on puisse s'en débarrasser en toute sécurité, » corrigea Eiko d'un ton laconique.
Kaito tendit ses paumes. « C'est exactement ce que je suggère ! Je vais jeter les détonateurs en toute sécurité. Dans l'enceinte de Tameshi. De préférence à côté de la machine de la Puce de Réalité. »
Eiko fronça les sourcils. « Faire exploser un immeuble n'est pas...
- Kaito a raison, l'interrompit l'impératrice, faisant se raidir Eiko et Svelte-Patte. « Nous devons détruire le complexe et toutes les recherches qu'il contient. » Elle se tourna vers Svelte-Patte. « Nous avons affaire à un ennemi d'un autre plan, un danger pour Kamigawa dont nous n'avons jamais été témoins auparavant. L'utilisation d'armes non approuvées n'est peut-être pas idéale, mais c'est notre meilleure solution. Et cela permettra à chaque Impérial de rester à Eiganjo, où chacun est le plus nécessaire. »

Eiko et Svelte-Patte baissèrent la tête en signe d'assentiment.

« Tu vas avoir besoin d'aide, dit Tamiyo à Kaito, ses doigts bougeant délicatement à ses côtés. Ils ont envoyé un mech après toi la dernière fois. Qui sait combien d'hommes de main te recherchent encore sur Otawara. »
Kaito haussa un sourcil. « Vous vous portez volontaire ?
- Je crois que deux Planeswalkers valent mieux qu'un, répondit Tamiyo d'un ton neutre.
- Je vais vous rejoindre tous les deux. » L'impératrice changea de place. « Mes visions de l'intérieur de l'enceinte pourraient s'avérer utiles. Et il y a des kami qui doivent encore être libérés.
- Sauf votre respect, impératrice, mais nous avons besoin de vous ici, dit Svelte-Patte en aplatissant ses oreilles. Vos gens se tourneront vers vous pour obtenir des conseils.
- Ils peuvent se tourner vers la cour pour obtenir des conseils, comme ils l'ont fait tout au long de ma longue absence, » répondit l'impératrice. Ses paroles n'avaient ni méchanceté ni rancune – elle ne faisait qu'énoncer un fait.

Mais Kaito sentit à nouveau le changement dans sa voix. Kamigawa n'était plus la maison qu'elle avait quittée. Peut-être qu'elle se demandait où elle se situait là-dedans, comme Kaito l'avait fait pendant la majeure partie de son enfance.

Eiko hésita avant de parler. « Si la Puce de Réalité est ce que ce Jin-Gitaxias recherche, alors l'endroit le plus sûr pour vous est entouré de ces murs et les samouraïs ont juré de vous protéger. »

Les queues de Svelte-Patte tournèrent derrière elle en réponse. Un signe d'approbation. Kaito le savait bien – c'était quelque chose qu'il n'avait jamais eu, alors que sa sœur en avait en abondance.

Il n'avait jamais été jaloux d'Eiko pour autre chose que pour ça.

L'impératrice demeura dans ses pensées pendant plusieurs longs instants, pesant ses options. Elle était à la fois l'impératrice de Kamigawa et la Vagabonde, mais peut-être que chaque rôle devait être différent. « Je resterai ici, » dit-elle enfin.

Svelte-Patte et Eiko hochèrent la tête, puis quittèrent le temple pour alerter les gardes. Tamiyo plana pour les suivre, s'arrêtant devant la porte à l'autre bout de la pièce.

Kaito ne bougeait pas. Il essayait toujours de lire son amie derrière son silence.

L'impératrice regardait dans la brume comme si elle cherchait des réponses.

« Personne sur Kamigawa ne peut protéger la Puce de Réalité mieux que toi. Et aucun mur ne fera la différence, déclara calmement Kaito. Mais quelque chose me dit que tu le sais déjà. »
Elle rencontra son regard. « Mes devoirs envers Kamigawa impliquent plus que simplement montrer ma force. Parfois, il est plus puissant de donner de la force à mon peuple .
- En les laissant penser qu'ils doivent te protéger ?
- Avoir quelque chose pour lequel se battre unit les gens. Il en a été ainsi depuis que les historiens ont enregistré nos histoires. » L'impératrice fit signe vers Kyodai. « Et il y a quelqu'un d'autre à protéger. Si c'est Kyodai qu'ils recherchent, je m'assurerai qu'elle est en sécurité. Mais... promets-moi que tu libéreras tout kami captif avant de lancer la charge.
- Tu as ma parole, » répondit Kaito.

Tamiyo détourna le regard, feignant l'intimité, mais ses pensées se glissèrent dans l'esprit de Kaito. Nous devrions partir maintenant. Nous avons un long voyage devant nous.

Kaito hocha brièvement la tête et se dirigea vers la porte. Il regarda par-dessus son épaule, observant l'impératrice entrer dans la brume où Kyodai était cachée, et fit une promesse silencieuse qu'il trouverait un moyen de l'aider et de faire en sorte qu'elle n'ait plus jamais à disparaître.



Au moment où Kaito et Tamiyo atteignirent Otawara, le ciel était strié de nuances d'abricot et de prune. Un signe de la lumière du soleil qui s'estompait.

Les rues étaient calmes, mais pas exceptionnellement. Il n'y avait aucune trace d'hommes de main des Tréfonds escaladant les toits ou observant depuis les ruelles. Aucun mech n'arpentait le sol à la recherche de Kaito et ses amis.

C'était comme s'ils n'étaient pas du tout chassés.

Kaito ne pouvait pas se débarrasser de ses rides du lion. D'une part, ce n'était pas une surprise que les hommes de main de Jin-Gitaxias n'aient pas envahi la ville flottante. C'étaient des étrangers, après tout, et ils travaillaient hors de ce que la plupart des Futuristes représentaient. Mais d'autre part...

C'est trop facile, pensa Kaito.

Le visage de Tamiyo était peint du même soupçon. Peut-être que nos ennemis sur Otawara ont uni leurs forces avec les insurrectionnaires d'Asari et se dirigent vers Eiganjo, suggéra-t-elle.

Kaito n'enviait pas ce à quoi les Impériaux étaient sur le point de faire face. Ils faisaient partie des meilleurs combattants de Kamigawa, formés dans les académies les plus prestigieuses et les plus élitistes. Mais ils vivaient dans une paix relative depuis plus d'un siècle. Ils n'avaient jamais connu la guerre en dehors des archives historiques.

Les insurrectionnaires étaient différents. Ils savaient ce que c'était que de travailler dur et de se battre pour survivre. Même le climat volcanique et enneigé dans lequel ils avaient grandi était rude. Ils savaient ce à quoi ressemblait la vraie persévérance et ce qu'ils étaient prêts à sacrifier pour gagner.

Kaito ne doutait pas que les Impériaux pussent les égaler en compétences, mais en sacrifice ?

Abandonneraient-ils la Puce de Réalité pour assurer la sécurité de l'impératrice ? Et si l'impératrice était prise... Abandonneraient-ils le trône pour la récupérer ?

Svelte-Patte ne le permettrait jamais, bourdonnait l'esprit de Kaito. Elle a toujours dit qu'un trône était plus qu'une chaise, c'était une position. Et que si vous renonciez à un trône, vous renonciez au symbole qui maintenait l'unité de Kamigawa.

Kaito n'avait jamais eu beaucoup de foi dans les Impériaux, mais l'impératrice avait Svelte-Patte et Eiko de son côté – et Kaito avait confiance en eux.

Se déplaçant rapidement vers l'enceinte de Tameshi, Kaito et Tamiyo se glissèrent à l'intérieur sans être vus et coururent vers le laboratoire. Il y avait encore des preuves de la visite précédente de Kaito. Son appareil interférait toujours avec les caméras. Il y avait des éraflures sur le sol, sans doute des hommes de main qui s'étaient précipités pour le poursuivre.

Et les portes du laboratoire étaient restées déverrouillées.

Kaito fronça les sourcils, hésitant près du panneau. Quelque chose n'allait pas. C'était comme si toutes les barrières avaient été laissées sans surveillance. Des mois d'expériences de Jin-Gitaxias se tenaient derrière les portes. Il ne les laisserait jamais aussi vulnérables. Pas à moins que...

Kaito se figea. Pas à moins qu'il ne les ait déjà déplacées.

Sifflant un juron dans sa barbe, Kaito déferla à travers les portes du laboratoire, ignorant l'avertissement aigu de Tamiyo d'attendre. Il ne voyait pas l'intérêt d'attendre, pas quand il était peut-être déjà trop tard.

Lorsqu'il tourna au coin du labo, il vit l'équipement à travers la longue vitre, toujours luisant de couleurs de néons.

Mais les kami...

Kaito sentit leur absence avant d'atteindre la fenêtre. Le front pressé contre la vitre, ses yeux scrutaient les lits métalliques vides, chacun marqué d'un éclat de cendre métallique. La seule preuve d'une dématérialisation d'un kami.

La culpabilité rongeait les os de Kaito, et il s'éloigna de la vitre vers la pièce voisine où il avait trouvé la Puce de Réalité. La machine était toujours là, scintillante de vie, mais les kami qui y étaient attachés avec des fils avaient disparu. Assassinés par les mêmes personnes qui avaient tué Tameshi.

Serrant les poings, Kaito se tourna vers Tamiyo. « Nous sommes trop tard pour les sauver. » Deux fois, il avait vu ce qui arrivait aux kami, et il leur avait tourné le dos pour ses propres intérêts. Il s'était dit que sa mission passait avant tout : trouver l'impératrice était tout ce qui comptait.

Mais il n'avait jamais voulu qu'ils meurent comme ça.

Et il avait promis à l'impératrice...

Le visage de Tamiyo était vide. Contrôlé. « Ce n'est pas ta faute, Kaito. Tu ne pouvais pas savoir ce qui arriverait. »







Il roula ses épaules en arrière, faisant un signe de tête vers la machine. « Nous devons tout détruire. Tout ça. Pour qu'ils ne puissent plus jamais faire de mal aux kami.
- Nous n'en avions pas vraiment après les kami, » dit une voix basse et traînante.

Kaito et Tamiyo se retournèrent. Se tenait à plusieurs mètres un homme aux yeux roses, avec un bras en métal.

Tezzeret.

La voix de Kaito ne fut qu'un grognement profond. « Toi. »
La compréhension submergea Tezzeret alors qu'il étudiait le visage de Kaito. « Le garçon du palais – des toits. » Son ton était empreint de moquerie. « Tu avais l'air aussi en colère que tu l'es maintenant. »
Tamiyo fit un pas en avant. « Si vous n'êtes pas après les kami, alors pourquoi en avez-vous tué autant ?
- Nous avions besoin de tester le lien entre les kami et le royaume des esprits, d'étudier le lien entre les aspects matériels et immatériels de l'existence – le corps et l'âme. Et les kami sont beaucoup plus faciles à trouver que ce dont Phyrexia a vraiment besoin. » Tezzeret fit briller ses dents, ses yeux pétillant comme une traînée de poudre. « Je devrais vous remercier. »
Kaito fronça les sourcils. « Pour quelle raison ? »

Un horrible grattement de métal retentit et Jin-Gitaxias apparut de l'ombre, se déplaçant à côté de Tezzeret comme un cauchemar imminent. Tezzeret ne cilla pas, alors même que Jin-Gitaxias fléchissait ses griffes de métal et se penchait en avant.

« Pour avoir permis à la recherche de s'épanouir en amenant des Planeswalkers dans notre laboratoire, » répliqua Jin-Gitaxias avec un plaisir étrange.

Kaito se raidit avant d'échanger un regard méfiant avec Tamiyo.

C'est nous qu'ils veulent, pressa-t-elle dans son esprit. Les expériences... elles concernent les Planeswalkers, pas les kami.

Au moment où l'épée de Kaito était dans sa main, les hommes de main des Tréfonds apparurent de tous les coins de la pièce. Ils attendaient depuis le début, sachant que Kaito reviendrait.

C'était un piège – et Kaito et Tamiyo étaient tombés dedans.

Kaito pouvait sentir les pensées de Tamiyo se presser contre les siennes, mais il les ignora, se concentrant plutôt sur le bord dentelé de sa lame. Il brisa son épée avec son esprit, envoyant chaque pièce en avant dans des rafales de vitesse, chaque lame en forme d'étoile se dirigeant vers la poitrine de Tezzeret.

Mais ils s'immobilisèrent dans les airs, à quelques centimètres de l'homme au bras de métal.

Tezzeret ricana, ses yeux s'assombrirent, et il fit un geste de la main vers les shurikens et les renvoya vers Kaito et Tamiyo. Ils reculèrent à l'unisson, se préparant à un impact qui ne se produisit jamais.

Les lames planaient contre leur peau, les défiant de bouger.

Tamiyo attrapa un parchemin dans sa sacoche, lorsqu'une bande d'équipement métallique se déchira du plafond et s'enroula autour de sa main comme une contrainte monstrueuse. Elle clignait à peine des yeux tandis que l'un des parchemins commençait à sortir, mais Tezzeret se contenta de s'incliner.

« Je ne ferais pas ça. Pas si tu veux que ton ami vive », avertit Tezzeret.

Lorsque Tamiyo jeta un coup d'œil à Kaito, elle vit les deux shurikens qui s'étaient frayé un chemin contre sa gorge. Il faudrait moins d'une seconde pour percer sa peau.

« Ne te retiens pas pour moi, offrit Kaito avec une respiration saccadée. En plus, il a besoin de nous. J'ai vu ce qu'ils ont fait aux kami – les brancher à ces machines pendant qui sait combien de temps. Il ne laissera pas mourir l'un de nous avant de nous mettre sur ces tables. »
La voix de Jin-Gitaxias claqua, comme un insecte mécanique. « Plusieurs sujets de test offriraient plus d'opportunités d'élargir nos connaissances. Mais si l'un des chaireux menace la productivité, alors un seul spécimen suffira. »
Tezzeret baissa les yeux vers Kaito. « Tu es le Planeswalker qui a posé des questions sur moi. Celui qui recherche l'impératrice à travers le Multivers. » Il s'approcha, et Kaito sentit les lames de métal creuser à travers son armure, à quelques instants de la percer. « Je dois admettre que j'imaginais quelqu'un de moins... décevant. »
La gorge de Kaito brûlait. « Ne t'inquiète pas, je suis juste en train de m'échauffer. »

Tezzeret remua, ses cheveux tombant sur ses épaules, mais avant qu'il n'ait eu la chance de répondre, Kaito agita ses doigts contre l'air. Un poignard caché dans sa ceinture fila vers le plafond, coupant les fils qui retenaient l'un des plafonniers.

Il y eut une explosion d'étincelles et la lanterne tomba du plafond sur Tezzeret, qui sauta à l'écart juste au moment où des éclats de verre scintillants éclataient sur le sol. Kaito utilisa la distraction pour s'éloigner des lames, chargeant le ninja le plus proche qui avait déjà levé son épée pour attaquer.

Kaito se baissa, balayant d'une jambe les genoux de l'agresseur, et balança son coude en arrière jusqu'à ce qu'il entre en collision avec son menton. Se précipitant en avant, il retira l'un des fumigènes de sa ceinture, se préparant à le lancer vers Jin-Gitaxias, lorsque la voix de Tamiyo résonna dans ses pensées.

Kaito, dit-elle. Cela ressemblait à une supplication.

Il regarda par-dessus son épaule et vit Tamiyo enveloppée dans encore plus de métal qu'auparavant, avec un fragment d'argent tendu sur ses yeux. Elle ne pouvait pas lire ses parchemins, et Kaito ne pourrait jamais la libérer de tant de contraintes.

S'il se frayait un chemin hors de l'enceinte, il devrait laisser Tamiyo derrière lui.

« Comme je l'ai dit, » résonna la voix rauque de Tezzeret, les mains tendues sur les côtés alors que chaque bout de technologie autour de lui semblait vibrer en réponse. « Nous n'avons besoin que de l'un d'entre vous. »

Kaito ne pouvait pas aider Tamiyo. Mais il ne pouvait pas non plus l'abandonner.

Pas à ce sort. Pas quand il avait vu ce qu'étaient devenus les kami, torturés jusqu'à leur mort.

Kaito resterait, se battrait et serait probablement capturé s'il n'était pas tué en premier. Mais comment cela aiderait-il l'impératrice ?

Il attrapa la charge dans sa poche. Elle était encore temps de détruire le laboratoire, avec Jin-Gitaxias et Tezzeret avec lui. Il pourrait protéger Kamigawa. L'impératrice et Kyodai seraient à l'abri du mal.

Peut-être que sans la Puce de Réalité attachée à la machine, l'impératrice pourrait même trouver un moyen de réparer son Etincelle.

Les doigts de Kaito se courbèrent autour du détonateur. Les gens sacrifient tout à la guerre.

Mais ça ?

Il ne ferait ce sacrifice que pour une amie.

D'un mouvement rapide, Kaito sortit l'appareil de sa poche et le lança vers la pièce qui contenait la machine, écoutant le sifflement alors qu'il volait dans les airs.

Mais l'arme n'eut jamais d'impact – elle s'arrêta juste devant le verre, avant de flotter lentement dans la main de Tezzeret.

Il laissa échapper un rire sombre. « Votre problème, dit Tezzeret d'un ton glacial, c'est que vous dépendez beaucoup trop de la technologie que je maîtrise déjà. » Dans sa paume, le détonateur se brisa morceau par morceau, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un tas de métal et de micropuces inutiles.

Quelque chose se brisa contre l'arrière de la tête de Kaito, et tout autour de lui devint noir.







Les yeux de la Vagabonde s'ouvrirent en alarme. La sueur s'accumulait sur son front et elle haletait dans l'air froid, creusant du bout des doigts dans le sol brumeux du temple.

Eiko était à côté d'elle, le visage retroussé d'inquiétude. « Qu'est-ce que c'est ? Qu'avez-vous vu ? »

La Vagabonde inspira brusquement, fouillant la pièce comme si elle essayait de se rappeler exactement où elle se trouvait.

Ce n'aurait pas été la première fois qu'elle se réveillerait dans une pièce inconnue.

Mais le lent gémissement de Kyodai était suffisant pour lui rappeler qu'elle était toujours sur Kamigawa. Elle était toujours à la maison, aussi anormal que cela puisse paraître.

La Vagabonde agrippa sa robe en se levant. « Kaito et Tamiyo... ils ont des problèmes. »

Les yeux d'Eiko s'écarquillèrent de peur. La Vagabonde n'avait pas connu Eiko comme elle avait connu Kaito, mais elle se souvenait encore des histoires qu'il lui avait racontées à propos de sa sœur. Elle savait que leur lien était fort, peut-être même plus fort que le lien entre kami et canalisateur.

Après ce que la Vagabonde avait entrevu à l'intérieur de l'enceinte, Eiko avait raison de s'inquiéter.

Svelte-Patte cessa d'arpenter le bord de la brume. « Quel type de problème ?
- Ils ont été pris en embuscade par Tezzeret et Jin-Gitaxias. » La vagabonde frissonna à ce souvenir souvenir. C'était si viscéral et réel, comme si elle avait été là elle-même. « Si je ne les aide pas, ils ne s'en sortiront jamais.3
Les queues de Svelte-Patte s'élevaient derrière elle comme un éventail. « Eiganjo a besoin de son impératrice. Nous sommes restés trop longtemps sans dirigeant, et cela a causé des frictions au sein de la cour impériale et de l'instabilité dans tout Kamigawa. Sans oublier que les insurrectionnaires d'Asari pourraient être à nos portes à tout moment. »
La Vagabonde croisa le regard de Svelte-Patte. « Tu as aidé à s'occuper du palais pendant dix ans sans moi. Tu peux gérer encore dix minutes. »

Svelte-Patte ouvrit la bouche pour protester – pour plaider pour que la Vagabonde reste à l'arrière – mais ce fut Eiko qui l'interrompit.

« Nous protégerons le palais en votre absence, » dit Eiko en s'inclinant légèrement. Quand elle leva le visage, ses yeux brillaient de larmes nouvelles. « S'il vous plaît, ramenez-le à la maison, » dit-elle de manière inaudible.

Pour Eiko, sa loyauté envers le palais était toujours passée en premier. Mais elle ne risquerait pas la vie de son frère par devoir. Pas même avec Svelte-Patte qui regardait.

C'était un alignement que la Vagabonde et Eiko partageaient.

La Vagabonde hocha la tête. Elle se tourna pour faire face à Kyodai au loin, levant une main pour lui faire signe de se rapprocher.

Ma vieille amie, envoya la Vagabonde à travers la brume. J'ai besoin de ton aide.

Kyodai apparut avec un cri chantant et baissa la tête. Pourquoi as-tu besoin de moi, impératrice ? Pour n'importe qui d'autre, la voix de Kyodai était un mélange de sons, superposés ensemble comme un canon. Mais dans la tête de la Vagabonde, c'était aussi clair et limpide que le son d'une cloche dans une pièce vide.

Je ne peux pas contrôler mon Etincelle. Mais peut-être qu'avec ton aide – avec notre lien – je pourrai la stabiliser suffisamment pour transplaner dans le complexe, expliqua la Vagabonde.

Ce sera dangereux, avertit Kyodai. Le monstre fera tout ce qu'il peut pour prendre la Puce de Réalité et toi.

Je n'ai pas peur des monstres que je peux voir, répondit la Vagabonde. Je préfère affronter l'ennemi quand il est juste devant moi plutôt que de le voir me chasser dans l'ombre.

Passant la main derrière son omoplate, la Vagabonde dégaina son épée, la serrant fermement à deux mains. Elle fit un signe de tête à Kyodai, qui fredonnait au-dessus d'elle, se balançant distraitement dans la brume.

L'énergie remplissait la poitrine de la Vagabonde. Elle pouvait sentir l'appel erratique de son Etincelle, mais la chaleur de Kyodai était là aussi, la calmait. La centrait comme une boussole pointerait vers la maison.

Même si elle n'était plus tout à fait sûre de l'endroit où cela se trouvait, quelque chose dans son cœur se demandait si la maison pouvait n'être pas du tout un endroit.

Peut-être que la maison était avec les gens auxquels elle tenait, qui tenaient aussi à elle.

Et Kaito n'avait jamais abandonné la Vagabonde. Il avait traversé des plans pour la retrouver et avait volontairement affronté un monstre pour la ramener à la maison.

Elle ne l'abandonnerait pas maintenant.

Laissant Svelte-Patte, Eiko et Kyodai dans le temple, la Vagabonde sortit d'Eiganjo et entra, dans un éclair de lumière, dans le complexe où se trouvait Tameshi. Elle ne s'annonça pas. Elle ne chercha Kaito dans la pièce. Et elle n'hésita pas quand les yeux du monstre chromé se tournèrent vers elle.

La Vagabonde abattit son épée comme un coup du ciel et fendit Jin-Gitaxias de son cou à sa poitrine.

La blessure était grave et le cri métallique qui jaillit de sa gorge résonna dans ses tympans. La Vagabonde se fraya un chemin jusqu'à Kaito et Tamiyo, tous deux attachés à des tables chirurgicales comme s'ils étaient prêts pour une expérience. Elle jeta un coup d'œil aux attaches et les trancha également.







Tirant Kaito d'un bras, elle vit dans ses yeux qu'il reprenait connaissance.

« Qu... qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il sonné, ses doigts cherchant une arme qui n'était plus là. Recule – j'ai compris. »

C'était le Kaito dont elle se souvenait – le garçon qui refusait d'admettre qu'il avait perdu un combat.

« Je pense que tu découvriras que je suis celle qui te sauve la vie. Ce qui, d'après mes calculs, est la deuxième fois en moins d'un jour. »Ses yeux brillaient d'humour. « Il y a d'autres moyens d'attirer mon attention, tu sais. »

La Vagabonde pouvait entendre le bruit des pas à proximité. Ils étaient prêts pour un combat.

Mais elle aussi.

L'impératrice de Kamigawa tendit à Kaito un poignard tiré de sa ceinture et sourit. « Je peux voir que tout notre temps séparés t'a laissé un sérieux retard dans ton entraînement, mais essaie de suivre le rythme. »

Alors, c'était comment ?

Complétement fou !

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Abscon, abjecte, inadmissible !

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