Les Hors-la-loi de Croisetonnerre - Épisode 1 : Offre de vengeance - Magic the Gathering

Les Hors-la-loi de Croisetonnerre - Épisode 1 : Offre de vengeance

Les Hors-la-loi de Croisetonnerre - Épisode 1 : Offre de vengeance

Dans les déserts de ce plan de Far West, le terrible Akul sème la terreur. Se lèvera-t-il quelqu’un pour le défier ? Et Kellan trouvera-t-il son père, Oko, parmi tous ces bandits ?

  La storyline de Magic / Les Hors-la-loi de Croisetonnerre

Dans les déserts de ce plan de Far West, le terrible Akul sème la terreur. Se lèvera-t-il quelqu’un pour le défier ? Et Kellan trouvera-t-il son père, Oko, parmi tous ces bandits ?

  La storyline de Magic / Les Hors-la-loi de Croisetonnerre



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le , par Drark Onogard
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Dans les déserts de ce plan de Far West, le terrible Akul sème la terreur. Se lèvera-t-il quelqu'un pour le défier ? Et Kellan trouvera-t-il son père, Oko, parmi tous ces bandits ? Vous trouverez l'article original écrit par Akemi Dawn Bowman ici, et un résumé à la fin de cette traduction opérée par les petits soins de votre humble serviteur.

Pour rappel : Kellan est une jeune homme originaire du plan d'Eldraine, qui mêle contes de fées et ambiance arthurienne. Ayant appris que son père n'est autre qu'un fae, le Planeswalker Oko, il a décidé de se mettre en quête de ce dernier, profitant des percées de présage pour explorer le Multivers. Après Ixalan et Ravnica, le voici sur le tout nouveau plan de Croisetonnerre. Tout nouveau, en effet : ce plan d'ambiance Far West n'était pas habité avant que les percées de présage n'y amènent des flots d'aventuriers, en mal de découvertes ou désirant fuir leur passé. Un monde plein de possibilités, de richesses, mais aussi sans foi ni loi : voici ce dans quoi vous allez être plongé dans un instant.

Les Hors-la-loi de Croisetonnerre. Épisode 1 : Offre de vengeance



Le soleil se couchait sur Port-présage. Des éclats de lumière ambrée glissaient entre les toits triangulaires, projetant des ombres pointues sur l'herbe grossière du désert qui traversait le centre de la ville. Des groupes de cactus étaient disséminés autour des bâtiments en bois, et une seule fontaine trônait au milieu de la place, l'eau bouillonnant de magie, afin de la garder fraîche en permanence. Les cloches de la mission sonnaient comme chaque soir au coucher du soleil, et Archie Dixon consultait encore et encore sa montre à gousset.

Deux gardes de la société Argenfin se tenaient à côté d'une voiture. L'un d'eux rongeait paresseusement un morceau de canne à sucre serré entre ses dents. L'autre gardait les yeux fixés sur la percée de présage, scrutant le portail à la recherche de mouvements.

Archie rangea sa montre dans la poche de son gilet et poussa un soupir exagéré. Ce n'était pas la première fois qu'il était engagé par la société Argenfin pour transporter des marchandises à travers Croisetonnerre, mais la plupart des coursiers estimaient que la ponctualité était de la plus haute importance – et Archie attendait près de la fontaine depuis plus d'une heure.

S'il s'était agi d'un autre travail avec un autre employeur, il serait peut-être déjà parti. Mais la société Argenfin payait bien. Ils avaient également fourni deux gardes armés pour l'escorter à travers le désert, et ils avaient offert une rémunération supplémentaire en échange du silence d'Archie. Il ne pouvait pas poser de questions sur les personnes qu'il rencontrait ou sur ce qu'il transportait ; mais l'argent, c'est de l'argent, et les ragots ne mettaient pas de nourriture sur la table.

Pourtant, il détestait les retards.

Archie tendait à nouveau la main vers sa montre lorsque la percée de présage s'anima, le faisant se raidir sur place. Des nuances de bleu fluorescent crépitèrent comme des éclairs et une silhouette lumineuse apparut.

Un homme franchit le seuil, les traits cachés par un bandana noir. Archie ne reconnut pas l'homme, pas plus qu'il ne reconnut le style de vêtements qu'il portait.

L'étranger venait d'un autre monde.

Le regard de l'homme dériva sur la place à peine pavée avant de se poser sur les gardes de l'Argenfin. Il traversa le large chemin en silence et s'arrêta à quelques mètres. Dans son poing tendu se trouvait un sac en toile de jute.

Archie prit le sac sans un regard en arrière et se précipita à l'intérieur de la calèche.

Les gardes de l'Argenfin grimpèrent rapidement sur le siège surélevé du conducteur. L'un d'eux jeta son morceau de canne à sucre dans le sable et s'empara des rênes, où deux chevaux bruns dressèrent les oreilles en signe d'impatience. Archie frappa à peine ses articulations contre le toit que la calèche se mit en route, laissant derrière elle l'homme masqué et le portail.

Les chevaux les traînèrent sur le paysage poussiéreux pendant des kilomètres, une seule lanterne accrochée à l'avant de la voiture pour éclairer le chemin. Elle luttait contre l'obscurité grandissante jusqu'à ce qu'Archie ne voie plus que la fenêtre.

Il serra le sac contre sa poitrine, essayant de trouver l'horizon où les montagnes du désert rencontraient le ciel étoilé. Il espérait que le calme était un bon signe, mais au fond de lui, il se méfiait. Son employeur n'aurait jamais fourni deux gardes de la société Argenfin si le travail ne comportait pas de risques.

Il s'attendait à des bandits, mais ce qui l'attendait dans le désert était bien pire.

Un mur de feu jaillit d'un coup, créant un cercle impénétrable autour de l'attelage. Les chevaux se cabrèrent, alarmés, et le véhicule s'arrêta en tremblant, cognant la tête d'Archie contre le cadre de la fenêtre. Il grimaça, les yeux écarquillés, et regarda avec horreur les deux gardes bondir sur le sable et dégainer leurs armes.

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Archie précipitamment, l'estomac rempli d'effroi.
– Les Enferéperons, » marmonna l'un des gardes.

L'autre resserra sa prise sur son fusil à tonnerre en guise de réponse.

Plusieurs silhouettes apparurent à travers le mur de feu, insensibles aux flammes qui sifflaient et claquaient autour d'elles. Elles tirèrent sur les gardes sans avertissement, envoyant des décharges d'énergie sur le sable. Près d'une douzaine de trous apparurent sur le côté du chariot, et les gardes de l'Argenfin tombèrent immédiatement.

Lorsqu'il ne resta plus que le crépitement du feu dans le désert, les étrangers baissèrent leurs armes.

Le groupe se sépara au milieu, laissant la place à une grande silhouette qui s'avançait, les serres éperonnées claquant sous elle. La lumière du feu cascadait sur la carrure imposante du dragon, faisant scintiller les écailles qui recouvraient son corps. On ne pouvait confondre le chef des Enferéperons avec un autre. Pas dans le désert, où son nom inspirait tant de crainte.

Akul.







Le dragon fit claquer ses étranges mandibules, ramena sa queue en arrière et la fit claquer contre le chariot comme un fouet, fendant en deux ce qui restait du véhicule.

Archie était assis dans une mare de sang, toujours agrippé au sac. La vie s'éloignait de lui à chaque respiration chancelante, les yeux écarquillés par la panique.

Akul semblait à peine le remarquer.

Le dragon arracha le sac de toile de jute de la poigne mourante d'Archie et bomba le torse en signe de triomphe. « Enfin, la dernière clef est à moi. La dernière clef est à moi. »

D'un coup de griffe, il ouvrit le sac. Quelques morceaux de charbon tombèrent dans sa paume ouverte et il siffla, les yeux dorés brûlant de rage.

Akul grogna et serra le poing autour du charbon jusqu'à ce que la fine poudre noire s'infiltre dans ses griffes. Il tourna sur lui-même, la queue battant frénétiquement, et rugit dans le vaste désert.

À l'intérieur du carrosse brisé, Archie Dixon observa les Enferéperons reculer de quelques pas tandis qu'Akul mettait le feu au sable autour de lui. Archie sentit les flammes se rapprocher, mais son esprit s'éteignait déjà. Alors qu'il rendait son dernier souffle, il eut l'étrange et soudaine envie de consulter sa montre à gousset.

Malgré son souci de ponctualité, il ne s'attendait pas à être aussi en avance sur sa propre mort.

Archie cligna des yeux pour la dernière fois – et quelque part au loin, bien au-delà du désert en flammes, la véritable clef s'éloignait de la portée d'Akul.



Annie Flash ajusta son chapeau à larges bords et plissa les yeux sur le terrain battu par le soleil, son front se creusant de lourdes lignes. Elle suivait la fumée montante depuis le lever du jour et pouvait enfin voir la source carbonisée au loin à l'œil nu.

Sous elle, Fortune poussa un soupir d'impatience.

Elle posa une main gantée sur l'encolure de l'animal et se pencha sur la selle. « Ne t'inquiète pas. Je te dédommagerai avec toutes les pommes et les céréales sucrées que tu pourras manger une fois que nous serons rentrés à la maison – mais c'est sans doute grâce à ces ruines que nous pourrons nous le permettre. »

Fortune secoua ses cornes enroulées en guise de réponse, visiblement peu impressionné. Annie esquissa un sourire. Ce n'était pas quelque chose qu'elle faisait souvent, mais il y avait quelque chose dans les longues randonnées qui la rendait plus disposée à baisser sa garde.

Annie donna un coup de talon à Monsieur et ils se dirigèrent vers la fumée. Elle avait vu beaucoup d'incendies de calèches au cours de ses premiers jours avec les Liberatos. Elle savait faire la différence entre un accident et une embuscade, et ce n'était certainement pas un accident.

Mais un coup d'œil à la calèche fendue lui indiqua exactement qui était à l'origine de cet incendie.

Akul était là.

Grimaçant, Annie jeta son regard doré sur le paysage brûlé, à la recherche d'illusions. Sûre d'être seule, elle descendit de sa monture et se dirigea vers les restes du carrosse. Elle donna un coup de pied dans le large tas de cendres, et plusieurs ossements s'éparpillèrent.

Elle essaya de ne pas se demander à qui ils appartenaient. La curiosité n'avait jamais rien fait d'autre que de faire d'elle une plus grande cible.

S'emparant de ce qui restait du siège, Annie tira d'un coup sec et révéla un compartiment caché. À l'intérieur se trouvait une boîte avec une serrure, intacte. À l'aide d'un couteau de poche qu'elle avait pris à sa ceinture, elle ouvrit le couvercle et découvrit plusieurs liasses de billets.

Les attaques de ce genre ne semblent se produire que pour deux raisons : l'argent ou la vengeance. Mais quelque chose ne sonnait pas juste, elle le sentait dans ses tripes.

Même si elle avait mieux à faire que réfléchir, elle le fit quand même.

Pour les Enferéperons, l'incendie d'une calèche en guise de vengeance était un acte bien trop discret ; Akul préférait se donner en spectacle, souvent en public. Mais ils avaient laissé l'argent derrière eux, ce qui signifiait qu'ils cherchaient quelque chose d'autre. Quelque chose de plus important qu'une boîte d'argent qui pourrait nourrir une famille entière pendant un mois.

Qu'est-ce qu'il cherche ? Les pensées d'Annie se bousculent. Et combien de carrosses a-t-il brûlé pour le trouver ?

Un frisson d'effroi l'envahit. Elle détestait qu'un monstre comme Akul fasse des ravages sur le plan, blessant des innocents au passage, et qu'il en ressorte victorieux. Mais elle avait aussi décidé depuis longtemps de s'éloigner le plus possible de lui. Car tant que ces innocents n'étaient pas ceux qu'elle appelait sa famille, elle s'en fichait. Elle ne pouvait pas s'en soucier.

Akul n'était pas quelqu'un qu'elle croiserait à nouveau. Mais elle était heureuse de prendre l'argent qu'il avait laissé derrière lui.







Annie ramassa la boîte, la rangea dans l'une des sacoches et écarta des yeux de Fortune une mèche de crinière rougeoyante.

« Tu penses pouvoir nous ramener à Brousselle avant midi ? » demanda-t-elle, regardant Fortune incliner la tête en guise de réponse. Elle remonta en selle et prit les rênes d'une main. « D'accord, alors. Je paie le dîner. »

Annie fixa son regard bien au-delà de la prochaine vallée, l'iris gauche scintillant de magie. Même si elle était encore à des kilomètres de là, elle pouvait apercevoir la silhouette de la petite ville dans les terres qu'elle disait chez elle. Brousselle était loin d'être la plus jolie ville de Croisetonnerre, mais Annie lui trouvait d'autres charmes, notamment celui d'être loin du réseau. Elle avait appris à apprécier le calme et l'anonymat qui l'accompagnait.

Annie conduisit Fortune jusqu'à un abreuvoir situé à l'extérieur de l'épicerie générale de la ville. Dès qu'elle fut de nouveau sur ses deux pieds, elle fit basculer la sacoche sur son épaule et monta les marches tordues et usées par la poussière.

« Bonjour, M. Towning, » dit Annie en pinçant le bout de son chapeau en signe de respect et en laissant les portes en bois se refermer derrière elle.
Un homme aux cheveux poivre et sel se leva de derrière le comptoir, les mains serrées autour d'un cageot de légumes. « Je ne m'attendais pas à vous voir aujourd'hui ! J'ai une livraison pour votre ranch dans la matinée – à moins que vous ne soyez ici pour faire des changements. » Avec un grognement, il posa la caisse sur une étagère voisine, s'éloigna et se passa immédiatement une main dans le dos. « Les choses ne bougent plus de la même façon quand on vieilli, dit-il en grimaçant. Mais je suppose que c'est mieux que l'alternative. »
Annie posa la boîte à serrure sur le plan de travail déformé avec un bruit sourd. « Vous ne pouvez pas faire grand-chose pour vos vieux os, mais ceci devrait vous remonter le moral. »
M. Towning souleva le couvercle et s'illumina immédiatement. « Vous êtes trop bonne pour moi. »
Annie le regarda diviser l'argent en deux parts égales. Il plaça sa part dans un coffre-fort derrière le comptoir, et Annie rangea la sienne dans une sacoche à sa hanche. « Vous êtes sûre que personne ne viendra chercher cet argent ? » demanda-t-il en faisant tourner la clef du coffre.

L'image du carrosse brûlé défila dans l'esprit d'Annie, mais elle avait une règle lorsqu'il s'agissait de dire où et comment elle avait trouvé son butin.

« Personne ne va perdre de bonnes heures à parcourir les étendues sauvages à la recherche d'une boîte dont il ne s'est même pas rendu compte qu'elle lui manquait, fit-elle remarquer. D'ailleurs, Fortune et moi n'avons pas vu âme qui vive dans ce désert. Celui qui a laissé cet argent est parti depuis longtemps maintenant. »
Il acquiesça, son visage s'adoucissant. « Je ne suis pas sûr que notre petite ville aurait survécu aussi longtemps si vous n'aviez pas été là. Nous vous sommes très reconnaissants. Nous l'avons toujours été, nous le serons toujours.
– J'étais en train de penser que je payais pour que vous ne me vendiez pas au plus offrant. » Annie leva un sourcil. « Si je suis l'héroïne de la ville, nous devrions probablement renégocier ce partage moitié-moitié. »
Le rire de M. Towning retentit dans la petite boutique. « Vous savez ce qu'on dit : si ce n'est pas cassé... »
Annie fit signe vers l'autre côté du comptoir, en direction du panier de fruits et légumes qui se trouvait le long du mur. « Que diriez-vous de quelques-unes de ces pommes, alors ? J'ai promis à Fortune de trouver des friandises tant que je serais ici. »

Il attrapa la pomme rouge la plus brillante du lot et la jeta par-dessus le comptoir. Annie la saisit en l'air avec ses mains jointes.

« Dites à Fortune qu'elle est offerte par la maison, dit-il. Je lui enverrai le reste demain matin. »
Annie a fait un signe de tête et s'est tournée vers la porte. « C'est toujours un plaisir. »

Elle chevaucha jusqu'à la périphérie de Brousselle et arriva à leur petit ranch juste avant le coucher du soleil. Elle s'arrêta près des champs sur le chemin de la maison, où Fortune rejoignit les autres animaux pour brouter. Parfois, il disparaissait avec les derniers rayons du soleil, un instant présent, l'instant d'après absent. Annie ne savait jamais où il allait ni ce qu'il faisait, mais il revenait toujours. Il y avait un accord tacite entre eux deux.

Annie l'observa un moment. Ses marques ressemblaient à celles de ses autres palominos, mais Fortune n'était pas une créature pour laquelle Annie avait un nom. Son intelligence égalait celle de tous les humains qu'elle avait rencontrés, même si le sens de l'orientation de Fortune était une toute autre chose. Annie aidait Fortune à s'orienter dans le désert, et Fortune lui offrait une fiabilité qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps.

Annie s'éloigna de la grille, s'agrippant fermement à la lanière de sa sacoche, et remonta péniblement le chemin de terre en direction de sa maison. Elle était tellement obnubilée par Fortune et les souvenirs de son passé qu'elle avait presque atteint son porche avant de se rendre compte que quelqu'un se tenait au bas de l'escalier.

Sa main se porta immédiatement sur le couteau qu'elle portait à la hanche, les doigts crispés. L'homme qui se tenait devant elle était habillé comme quelqu'un de la ville, avec un costume impeccable et des bottes bien cirées. Ses cheveux blonds ondulés étaient relevés, et son front affichait une suffisance qui déplut immédiatement à Annie.

« Qu'est-ce que vous faites sur ma propriété ? » demanda-t-elle, la voix légèrement aiguisée.
L'inconnu montra les dents. « Êtes-vous la célèbre hors-la-loi qui se fait appeler Annie Flash ? »
Elle tressaillit à cette allusion, préférant ne pas penser à l'époque où elle travaillait avec des criminels. Pas après ce qui était arrivé à son neveu. « Qui le demande ? »
Le sourire de l'homme persistait. « J'ai fait tout ce chemin depuis la ville pour vous rencontrer en personne. Je suppose qu'on peut dire que je suis un grand fan.
– Ce n'est qu'une demi-réponse », dit-elle froidement. Son œil gauche brilla d'une teinte orangée, et elle vit l'homme tel qu'il était réellement sous l'illusion. Elle fronça les sourcils. « Qu'est-ce qu'un fae vient faire ici, dans les étendues sauvages ? »
Le sourire de l'homme se frisa de malice et il reprit sa forme naturelle : des cheveux noirs, des oreilles pointues et un visage pâle qui semblait saupoudré d'argent. Il fit une fausse révérence. « Je suis ravi de faire votre connaissance, Annie Flash. Je m'appelle Oko et votre capacité à voir à travers les illusions est exactement la raison pour laquelle je vous cherchais. » Il pencha la tête comme s'il admirait un tableau. « On m'a dit qu'un ange vous avait donné cet œil. Un don rare, en effet.
– Ce n'est pas l'illusion qui vous a trahi. » Elle croise les bras. « C'est le fait que vos chaussures n'ont pas un seul grain de poussière, alors que vous prétendez avoir traversé le désert pour me trouver. »
Oko rit. « Quand je dois choisir entre l'exactitude et les apparences, je préfère ces dernières.
– Le jeu auquel vous jouez ne m'intéresse pas. Je suis à la retraite. Maintenant, dégagez de mon porche. » Elle commença à passer devant lui, mais Oko fixa ses yeux sur sa sacoche, ce qui la fit s'arrêter.
« Si l'argent ne vous intéresse pas, peut-être que la vengeance vous intéressera, » proposa-t-il, sa voix pareille à un dangereux ronronnement. « J'ai constitué une équipe pour voler quelque chose d'important à un hors-la-loi que vous connaissez peut-être sous le nom d'Akul. »

Annie se crispa, incapable de cacher sa réaction viscérale à l'évocation de son nom.

Oko avait l'air satisfait. « J'ai entendu une rumeur selon laquelle il y aurait des affaires inachevées entre vous deux.
– Tu as mal entendu », cracha Annie. Elle se tourna alors vers les champs, le ranch et tout ce qu'elle s'était construit depuis le jour où Akul avait failli tuer son neveu, et serra les mains en poings. « Je ne reviendrai pas en arrière. Je n'ai pas besoin de vengeance pour trouver la paix. »
Oko l'étudia avec le genre de calcul qui semblait toujours suivre l'ambition. Au bout d'un moment, il fouilla dans sa poche et en sortit une petite boîte d'allumettes avec le nom d'un saloon imprimé sur le côté. « Voilà, au cas où vous changeriez d'avis. »

Annie la prit uniquement parce qu'elle espérait que cela le ferait partir plus vite.

« S'il m'a été aussi facile de te trouver, imagine à quel point ce sera facile si les Enferéperons décident un jour de venir te chercher, dit Oko. Tu dois vraiment aimer cette ville pour te donner tant de mal à la protéger. »
Annie redresse les épaules. « C'est une menace ? »
Oko pressa une main sur son cœur, un geste de sincérité. « Bien sûr que non. Je ne fais que souligner l'évidence. » Lorsqu'il laissa tomber sa main, son sourire revint. « Si vous changez d'avis, venez me trouver au saloon. Je vous promets que ça en vaudra la peine. »

Annie regarda Oko disparaître sur le chemin, sa poigne se resserrant autour de la pochette d'allumettes qu'elle tenait dans sa paume.

C'était une erreur de rester si longtemps au même endroit. Elle s'était enracinée sans le vouloir.

Rien ne reste éternellement enfoui dans le passé, et maintenant ses vieux fantômes l'avaient suivie jusqu'au seul endroit au monde auquel elle tient vraiment.



Kellan souleva les derniers poteaux métalliques de la cage d'ascenseur et recula d'un pas. Il regarda la machine hisser l'équipement au niveau suivant de la tour de relais partiellement construite.

Des lanternes pointues pendaient tout autour de lui, descendant le long des fils et des cordes comme une cascade d'étoiles, scintillant en signe de défi contre le ciel qui s'assombrissait. Le soleil n'avait pas disparu depuis longtemps derrière le canyon, mais l'air était encore chaud.

Kellan essuya la sueur de son front du revers de la main et regarda par-dessus son épaule ce qui devint rapidement sa nouvelle vue préférée. La percée de présage était coincée au milieu de l'énorme paroi rocheuse, crépitant d'énergie bleue. Il était difficile de croire que quelques semaines seulement s'étaient écoulées depuis qu'il avait franchi le portail.







Même à la lumière du jour, Port-présage ne ressemblait en rien à Eldraine. Mais Kellan ne regardait pas le paysage orange et jaune ni ne se sentait nostalgique. Il se sentait plein d'espoir.

« Hey, le p'tit nouveau ! » hurla une voix depuis la fosse. Kellan baissa les yeux et découvrit l'une des superviseurs qui agitait la main en l'air. « Ces palettes ne vont pas se déplacer toutes seules !

Kellan s'excusa, penaud, et se dépêcha de descendre l'échelle pour aider au chargement suivant de pièces. Il les souleva l'une après l'autre, son esprit dérivant à nouveau vers des pensées de voyage dans d'autres villes, lorsqu'un homme aux larges épaules tenant une arbalète se fraya un chemin jusqu'à Kellan avec un grognement.

Un mercenaire de la société Argenfin, ça ne trompe pas. Le garde suivait Ral Zarek comme son ombre, même s'il avait probablement été engagé pour protéger le chantier plutôt que Ral lui-même.

Ral – avec Niv-Mizzet, de retour à Ravnica – développait un moyen de communiquer par les percées de présage, et la tour de relais inachevée était en pratique une cible géante et étincelante. De nombreuses sociétés hors-la-loi seraient intéressées par cette technologie, et pas seulement sur Croisetonnerre, mais aussi sur d'autres plans. Quiconque prendrait le contrôle du centre de communication en premier se retrouverait sans aucun doute incroyablement riche.

La société Argenfin avait déjà investi dans les recherches de Ral. Il fallait maintenant les protéger.

« Bonsoir, M. Zarek, dit la superviseuse. Je ne m'attendais pas à vous voir sur le site si tard.
– Je voulais vous parler de l'installation du répéteur optique, » dit Ral avant de débiter une série de questions et de spécifications que Kellan avait du mal à suivre.

Kellan se retourna vers les piles métalliques. Il n'avait pas accepté ce travail par intérêt pour les tours de relais ou les percées de présage. Kellan s'occupait de trier le matériel de construction. Il les chargeait un par un sur la plate-forme vide, l'esprit vagabondant au fil des minutes, jusqu'à ce qu'une forte détonation le sorte de sa transe.

À la base de la tour, un technicien tirait avec horreur sur une pièce de matériel mal alignée, essayant de la retirer de l'énorme connecteur. Il y eut une autre détonation, et des éclairs jaillirent du métal. Des étincelles jaillirent de l'unité de contrôle, mais le gros de l'énergie s'éleva vers le ciel, suivant la structure inachevée de la tour de relais jusqu'à ce qu'elle se disperse dans le ciel dans au moins une douzaine de directions différentes.

En haut de l'échafaudage, l'une des plus grosses étincelles toucha une lanterne, faisant exploser le verre. Un ouvrier qui se trouvait à proximité keva les mains pour se protéger le visage et trébucha en arrière vers le bord de la plate-forme. Il vacilla, luttant pour retrouver son équilibre, avant de pousser un cri aigu.

Du haut de la tour, l'homme tombait.

Certains travailleurs de la fosse crièrent. D'autres le pointèrent du doigt, choqués.

Kellan n'hésita pas. De la poussière dorée jaillit de ses pieds, il vola vers l'homme et l'entoura de ses bras en plein vol, le cueillant du ciel comme un fruit avant de le faire retomber doucement au sol.







L'ouvrier bredouilla quelques mots de gratitude, les dents claquant de peur, lorsque Ral apparut. Ses yeux allèrent de la tour à l'homme, puis revinrent.

Ral fit un geste irrité en direction du mercenaire. « Des accidents comme celui-ci peuvent retarder notre progression de plusieurs jours. Est-ce trop demander que d'être compétent sur un projet comme celui-ci ? » Il se pinça l'arête du nez et inspira profondément. « Comme je le disais tout à l'heure, j'aimerais avoir un rapport complet sur la conversion électrique avant l'installation... » Il s'éloigna sans un autre regard vers l'ouvrier tombé au sol.

Un groupe de techniciens se précipita vers l'unité de contrôle pour réparer la panne avant qu'une nouvelle poussée de puissance ne soit libérée. Passant un bras autour de l'homme, Kellan l'aida à trouver un siège contre une pile de caisses métalliques afin qu'il puisse reprendre son souffle à l'écart de l'agitation.

Kellan sortit de sa sacoche une gourde de cuir remplie d'eau. « Tiens, bois ça.
– Tu as le cœur trop tendre pour travailler sur un travail comme celui-ci, fit remarquer l'homme avant d'avaler une gorgée.
– Parce que je ne t'ai pas laissé tomber ?
– Non, parce que tu restes là à me surveiller alors que tu sais très bien que le patron va te le retirer de ton salaire. »
Kellan regarda de l'autre côté de la fosse où la contremaîtresse était en pleine conversation avec Ral. « Je n'ai pas accepté ce travail pour l'argent.
– Tu es étrange. Même pour un fae. L'homme leva le menton. « Pourquoi as-tu accepté ce travail ? »
Kellan hésita avant de s'asseoir sur la caisse à côté de lui. « Mon dernier patron, Ezrim, m'a dit que mon père était sur ce plan. J'essaie de le retrouver. »
L'homme fronça les sourcils. « Ton père travaille à la tour de relais ? »
Kellan passa une main dans ses cheveux épais, riant nerveusement. « Non. Mais Ral a proposé de m'embaucher, et il connaît beaucoup de monde à Port-présage. L'occasion était trop belle pour la rater. »
L'ouvrier fit une grimace et renversa la dernière goutte d'eau d'un seul geste précipité. Lorsqu'il eut terminé, il laissa échapper un sifflement entre ses dents. « Tu sais, la plupart des gens viennent ici pour échapper à quelque chose. Peut-être que si tu n'as pas encore trouvé ton père, c'est parce qu'il ne veut pas être trouvé.
– Je ne pense pas qu'il se cache de quoi que ce soit. Je pense qu'il cherche quelque chose, admit Kellan.
– Eh bien, si c'est le cas, je suis sûr qu'il sera heureux de voir un visage familier quand il découvrira que tu es ici. »

Kellan força un sourire et acquiesça, les oreilles brûlantes alors qu'il gardait pour lui une information capitale : son père n'avait aucune idée de l'apparence de Kellan, puisqu'ils ne s'étaient jamais rencontrés.

L'homme lui rendit la gourde. « Je ferais mieux d'y retourner. La journée de travail est presque terminée. Ce n'est pas que je n'apprécie pas ton aide, mais si cela ne te dérange pas ? je prendrai les escaliers cette fois. »

Kellan le regarda disparaître au coin de la rue et pensa à la dernière fois qu'il avait dit au revoir à un ami. Un pincement familier lui revint dans la poitrine. Il essaya de le repousser, décidant qu'il valait mieux finir d'empiler les poteaux métalliques que de penser à la solitude qu'il ressentait en se retrouvant sur un nouvel avion sans la moindre personne qu'il connaissait. Même son père était techniquement un étranger.

Seulement pour un peu de temps, se rassura Kellan.

Il se leva et retourna vers le poste qu'il avait quitté quelques instants plus tôt lorsqu'il trouva une grande silhouette qui lui barrait la route.

La superviseuse fit un signe de la main vers le désordre de l'équipement partiellement empilé. « Fini là-haut. Tu seras dans une nouvelle équipe demain matin. »
Kellan fronça les sourcils. « Nouvelle équipe ?
– M. Zarek pense que quelqu'un avec tes compétences devrait faire partie de son service de sécurité au lieu de travailler ici sous cette chaleur. Il va visiter le siège de la société Argenfin dans quelques jours, et tu l'accompagnes.
– À Prospérité ? » demanda Kellan, le cœur battant.
La surveillante se renfrogna. « Ce n'est pas une sortie scolaire, petit. Tu vas t'occuper du patron. »
Kellan acquiesça rapidement. « Je comprends, » dit-il, même si l'espoir gonflait sa poitrine comme un ballon.
Elle tourna brusquement le dos à l'ascenseur. « Il vaut mieux se dépêcher. Je veux que ce bordel soit nettoyé avant l'arrivée de l'équipe de nuit. »

L'excitation de Kellan était impossible à contenir. Prosperité était de loin la ville la plus riche de Croisetonnerre, et les endroits riches sont généralement des ruches à ragots. Les chances qu'au moins quelqu'un dans la ville ait des informations sur Oko étaient forcément élevées. Surtout si Ral était prêt à l'aider à se renseigner.

Ral Zarek était une personne importante à Port-présage. Il l'était peut-être aussi à Prospérité. D'après l'expérience de Kellan, les planeswalkers avaient tendance à être importants partout où ils allaient.

Il y avait tant de questions que Kellan voulait poser à son père – sur son héritage fae, ses pouvoirs, et si Oko s'était déjà senti tiré dans deux directions comme lui. Tant d'années entre eux leur manquaient. Tant de souvenirs qu'ils auraient dû partager, mais qu'ils n'avaient pas partagés. Kellan savait qu'il y avait une chance que son père ne ressente pas la même chose. Peut-être le rejetterait-il, ou refuserait-il de le voir. Il avait entendu dire qu'Oko était un filou notoire et qu'il avait la réputation d'être indigne de confiance.

Mais Kellan n'était pas du genre à croire les rumeurs, et il préférait avoir confiance dans le potentiel de quelqu'un plutôt que de le fuir pour ses erreurs passées. De plus, il était le fils d'Oko, et cela signifiait quelque chose.

Il le fallait.

Kellan était prêt à rencontrer son père.

Et Ral Zarek allait l'aider à y parvenir.

Résumé



Akul, dragon à la tête de la bande des Enferéperons, est à la recherche d'un artefact passé en contrebande via une percée de présage. Annie Flash, ancienne hors-la-loi retraitée dans la paisible ville de Brousselle, va peut-être devoir faire face à ses vieux démons, et combattre le chef des bandits qui a failli tuer son frère : Oko, voleur de couronnes lui propose de faire partie de son équipe, dont la mission l'amènerait à se venger du dragon impitoyable.

Pendant ce temps, autour d'une percée de présage s'est formée la ville de Port-présage : des travaux menés par Ral Zarek ont pour objectif de créer le premier relais interplanaire, technologie audacieuse dont le propriétaire sera assurément riche. Kellan, prodige curieux qui a appris d'Ezrim, chef d'agence que son père était sur ce plan, travaille sur ce chantier, quand une nouvelle offre d'emploi s'offre à lui : garde du corps de Ral, il pourra se rendre dans la grande ville de Prospérité, dont les ragots le mèneront sans doute à son père.

Alors c'était comment ?

Toi aussi, loue son œuvre !


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Le Dark Mogwaï

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Vive le Vent corrosif, vive le Vent torride , vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant, soufflant dans les grands Sylvin verts, oh !
Vive le temps du jusant, vive le temps des héros, vive le temps d'hiver,
Bonhomme de neige gobelin et Jour du jugement dernier et bonne année Grand-mère Sengir

Sur le long Chemin vers l'exil
Tout blanc de Neige aveuglante
Un vieil Homme d'airain s'avance
Avec sa Canne de Feldon à la main.
Et tout là-haut le Vent béni
Qui siffle dans les Portée des branches
Lui Souffle des rêves de romance
Qu'il chantait petit Enfant d'Alara oh !

Vive le Vent corrosif, vive le Vent torride , vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant, soufflant dans les grands Sylvin verts, oh !
Vive le temps du jusant, vive le temps des héros, vive le temps d'hiver,
Bonhomme de neige gobelin et Jour du jugement dernier et bonne année Grand-mère Sengir

Joyeux, joyeux Noël
Aux mille Bougies de Leng
Qu'enchantent vers le Ciel changeant
Les Cloche du temple de la nuit
Vive le Vent corrosif vive le Vent torride , vive le Vent volcanique d'hiver,
Qui rapporte aux vieux Enfant de la nuit
Les Souvenirs enchâssés d'hier

Vive le Vent corrosif, vive le Vent torride , vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant, soufflant dans les grands Sylvin verts, oh !
Vive le temps du jusant, vive le temps des héros, vive le temps d'hiver,
Bonhomme de neige gobelin et Jour du jugement dernier et bonne année Grand-mère Sengir

Et le vieil Homme d'airain
Descend vers le Village arboricole ,
C'est l'Heure du jugement où tout est sage
Et l'Ombre de la mort danse au coin du Feu dévastateur .
Mais dans chaque maison,
Il flotte un air de Fête fracassante
Partout la Table de marchandage est prête
Et l'on entend la même Chanson sereine , oh !

Vive le Vent corrosif, vive le Vent torride , vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant, soufflant dans les grands Sylvin verts, oh !
Vive le temps du jusant, vive le temps des héros, vive le temps d'hiver,
Bonhomme de neige gobelin et Jour du jugement dernier et bonne année Grand-mère Sengir

Sur le long Chemin vers l'exil
Tout blanc de Neige aveuglante
Un vieil Homme d'airain s'avance
Avec sa Canne de Feldon à la main.
Et tout là-haut le Vent béni
Qui siffle dans les Portée des branches
Lui Souffle des rêves de romance
Qu'il chantait petit Enfant d'Alara oh !

Vive le Vent corrosif, vive le Vent torride , vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant, soufflant dans les grands Sylvin verts, oh !
Vive le temps du jusant, vive le temps des héros, vive le temps d'hiver,
Bonhomme de neige gobelin et Jour du jugement dernier et bonne année Grand-mère Sengir
(bis)

La nuit de l'Hiver in Les Grands Classiques du Multivers, édition collector

Proposé par falcon_crest le 28/07/2012

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Que des petites frappes à Croisetonnerre. Quel·le hors-la-loi aurait dû trainer ses bottes là-bas ?

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