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Drark Onogard, le , 1014 consultations

Histoire non-officielle où prend part Anax, avant qu’il ne devienne un demi-dieu. C’est tout sauf canon, mais j’espère que ce n’en sera pas une lecture désagréable pour autant !

  Chroniques guerrières / Theros par-delà la mort

Histoire non-officielle où prend part Anax, avant qu'il ne devienne un demi-dieu. C'est tout sauf canon, mais j'espère que ce n'en sera pas une lecture désagréable pour autant !

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Les double-portes s'ouvrirent avec un grincement de bois et un tintement de chaînes. Un instant de silence se fit sentir, avant que les beuglements guerriers des minotaures ne retentissent. Les Akroens aussi se mirent à hurler, mais leur clameur virile ne parvint pas à dépasser le vacarme de leurs assaillants.

Le siège de la cité durait depuis trois jours. Ils auraient pu tenir des mois durant, mais le meneur des minotaures avait proposé un défi. Un duel entre le roi Anax et lui, Rhodron le Ragesang, pourrait mener à la fin de la guerre. S'il gagnait, les minotaures se retireraient sans demander leur reste. Quelques uns lui avaient déconseillé de risquer sa vie : il était souverain, et le risque était trop grand. Il avait congédié ces lâches. Ç'aurait pu être un piège. Il le savait. Mais il n'avait pas peur. Il était Akroen. Il allait vaincre. Comment pouvait-il en être autrement ?







Le roi avançait jusque son adversaire, seul. Le tapage des minotaures n'atteignait plus ses oreilles. Il entendait seulement son sang battre dans ses tempes. Il entendait seulement la victoire qui l'appelait. Rhodron, même pour un minotaure, était grand. Il dépassait Anax de deux têtes, était deux fois plus large que lui et sa peau était couverte d'une fourrure d'un noir poussiéreux. Il portait autour de son cou sa corne droite, brisée, accompagnée d'os qu'il devinait comme des phalanges de guerriers. Il aurait été intimidant, si Anax n'avait pas été roi.

Ils se toisèrent longtemps, marchant de côté afin d'appréhender l'autre. Pas de discours. Pas de cérémonie. Parmi les Akroens qui observaient depuis les murailles, Cymède, la reine, retenait sa respiration. Certains craignaient pour leur roi. La plupart craignait de n'avoir pas assez de vin pour fêter leur victoire. Les minotaures se tenaient à une distance respectable du combat, se bousculant pour voir le glorieux massacre que commencerait leur chef.







Ce fut, contre toute attente, Anax qui engagea le conflit. Il fit un pas en avant et d'une fente, son glaive fendit l'air, mais guère plus. Le minotaure riposta avec un coup de hache horizontal, que le roi esquiva sans difficulté. Il profita d'une ouverture pour taillader l'épaule de Rhodron. Un peu de sang teinta sa lame, mais elle avait à peine pénétré le cuir épais du disciple de Mogis. Ce fut cependant assez pour l'énerver, et que ses coups se fassent plus amples et pourtant plus rapides.

Anax restait quant à lui froid dans le combat. Son visage ne traduisait aucune expression, ni de colère, ni de triomphe, juste le sérieux du soldat qui attend de voir où frapper. Il esquivait l'énorme hache de son adversaire. Un seul coup, et il serait tranché en deux, par la force du gigantesque minotaure, il le savait. Mais la lourdeur du minotaure était sa plus grande faille. Il se faisait emporter par ses attaques horizontales, et les verticales frappaient toujours le sol. Il se fatiguait dans ses assauts, et les acclamations des Akroens finirent par submerger les voix, de plus en plus inquiètes, des minotaures. À chaque coup ou presque, Anax creusait une estafilade dans la peau de Rhodron. Mollet, poitrail, épaule, gorge, mufle, bras, cuisses, étaient couverts de ces entailles peu profondes desquelles coulait de plus en plus de sang.

Les ruades du minotaure n'arrangèrent rien : il fonçait tête baissée vers son adversaire, qui, d'un pas de côté, s'éloignait au dernier moment. Son adversaire, exsangue, s'épuisait dans des assauts aussi répétés que vains. Sa respiration était forte, et pourtant l'air emplissait de moins en moins ses poumons. Aux articles de la mort, il parvint pourtant à asséner un coup au roi. De son énorme poing, il avait réussi à repousser le roi, qui vola à deux mètres de là. Le souffle coupé dans sa cuirasse, il n'avait cependant pas lâché son glaive, seul espoir de survie de sa cité.







Rhodron rit autant que les Akroens craignirent. Sûr de sa victoire, il étendit les bras au ciel, et poussa un hurlement guttural qui trouva son écho dans les gorges de ses combattants. De son côté, Anax reprenait lentement ses esprits. La célébration du minotaure ne fut toutefois pas assez longue pour qu'il se relevât.

Rhodron avançait d'un pas qui faisait résonner les os d'Anax. Le minotaure se posta devant le corps de son adversaire brisé. Il empoigna sa hache avec l'assurance du bourreau. Anax ferma les yeux. Il était prêt.

La hache s'abattit sur lui, sans pitié. Il roula de côté avec une célérité qu'aucun homme dans son état n'aurait dû avoir. Profitant de la surprise du Ragesang, il sauta sur ses deux jambes, tranchant tout le long du mollet de la bête, enfonçant son arme de deux centimètres dans la chair. Il mit genou à terre, permettant à Anax de marquer son torse d'une banderole sanglante.

Brusquement, les yeux du disciple de Mogis s'allumèrent. Un feu les anima, une écume lui vint aux lèvres, et il se redressa avec une anormale vitesse. Anax put esquiver les trois coups de hache successifs qu'il donna sans avoir à reprendre son souffle. Il ne comprit pas l'élan de vitalité de l'ennemi mourant. Une femme, sur les murailles, comprit. Elspeth.

« Trahison ! »

Un dieu avait interféré dans le duel : Mogis avait accordé sa bénédiction au minotaure. Cymède pria avec ferveur le salut de son époux. Anax, pour la première fois, doutait. Il esquivait tant bien que mal, mais il était essoufflé, et aucun dieu ne daigna le sauver lorsque le minotaure chargea. Son unique corne l'empala, perforant son estomac. Il recula, tenu seulement par la kératine dans sa chair, sur plusieurs mètres, avant qu'Elspeth ne descendît vaillamment interrompre le duel.







Pendant ce temps, Cymède tentait d'animer avec Daxos la rivière Deyda, afin d'emporter les minotaures et leur campement. Mais Daxos, perdant sa concentration, laissa la reine s'en charger seule, ce qu'elle ne put faire. Elle implora son dieu, Kéranos, qui lui accorda son aide. Les flots devinrent plus tumultueux, et la rivière sortit de son lit. Les minotaures qui ne fuirent pas vers leur cité perdue au-delà des montagnes se noyèrent dans l'élémentaire furieux. Elspeth n'eut pas le temps de tuer Rhodron pour clamer leur victoire : il se suicida lui aussi dans les eaux, accompagnant ses frères d'armes dans la mort, persuadé d'avoir au moins vaincu le roi d'Akros.







Elspeth l'emporta dans l'intérieur des murailles pour le soigner tandis que les Akroens avaient déjà l'esprit à leur victoire. Ceux qui s'étaient rapprochés du roi avaient été renvoyé en un mot encourageant, les invitant à fêter sans lui leur victoire sur l'ennemi. Seule Cymède restait inquiète. Elle s'approcha dans un profond désespoir d'Elspeth, Daxos et d'Anax. L'oracle de Mélétis la rassura :

« Ne t'inquiète pas. Ses blessures sont profondes, mais je peux le soigner. Il s'en sortira. »

Cymède n'eut pas un mot. Elle fondit seulement en larmes, à deux mètres de son mari, inconsolable. Le roi distinguait à peine sa silhouette, mais il s'accrochait à elle pour ne pas fermer les yeux. Puis, plus rien. Anax avait les yeux ouverts, mais il ne voyait plus la silhouette de Cymède.

La foudre, comme une main, avait pris son épouse. Elle était devenue une colonne de feu, et était montée jusqu'aux étoiles invisibles de Nyx. Kéranos avait emporté sa femme comme prix de sa vie et de sa victoire.

Anax fut couché, et laissé seul par Daxos et Elspeth afin qu'il puisse se reposer. Il retrouva vite des forces, et put tituber jusqu'à l'extérieur. Les Akroens, pendant ce temps, buvaient et riaient, soulagés du départ de la menace. L'absence du roi ne fut pas relevée.

Personne ne trouva l'arbre où il s'était pendu.









Une main de fer tira des tréfonds du Monde Souterrain un être qui avait versé et son sang et les autres et qui portait autrefois la couronne d'or des champs et des aurores. Un de ces êtres brisés par la mort parce qu'elle ne leur appartenait pas : ce n'était plus qu'un monceau de chair ensanglanté sanglotant qui n'avait plus que le langage des larmes.

Dans sa poigne, Anax ne put ni gémir ni penser, et il fut jeté sur l'enclume étoilée. Frappé par le marteau, frappé par le marteau de la reconstruction, frappé jusqu'à n'avoir plus d'aspérités, frappé jusqu'à être plat, frappé jusqu'à ne plus avoir de faille. Chaque coup arrachait un cri plus faible à mesure qu'Anax devenait la créature de Purphoros.







Anax n'était pas né en Akros. Anax n'avait pas été plus faible que son frère. Anax n'avait pas subi un dur entraînement. Anax n'avait pas concouru contre lui. Anax n'avait pas gagné le trône aux dépens de son frère. Anax n'avait pas suivi la voie d'Iroas. Anax n'avait pas risqué sa vie face au Ragesang. Anax n'était que victoire. La victoire de Purphoros. Anax. Purphoros. Anax n'avait jamais été homme. Anax était la victoire. Celle de Purphoros. Victoire. Purphoros. Combat. Purphoros. Massacre. Purphoros. Gloire. Purphoros.

Et un seul mot restait en sa bouche : Cymède.






Edité 1 fois, dernière édition par Drark Onogard le 10/07/2020

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