[ALMERIA] Sauvage Sauvage Sangami

[ALMERIA] Sauvage Sauvage Sangami

[ALMERIA] Sauvage Sauvage Sangami

Discussion ouverte par Orstal Le 29/09/2023

Discussion ouverte par Orstal Le 29/09/2023


Orstal

Spoiler: Montrer
Salutations ami Sectateur. J'ai ressenti le besoin d'écrire ces quelques lignes pour vous prouver une chose : je ne suis pas un héros. Je n'ai ni la prestance ni la puissance de ces protagonistes légendaires ayant croisé le fer avec le destin. Rien de rien. Absolument rien. Insister plus sur ce point serait rébarbatif, mais je me dois de faire taire les rumeurs (et dont j'ignore à ce jour l'origine) courant actuellement à mon sujet sur Son Plan. Pire encore, n'étant pas déjà vraiment quelqu'un, je ne suis même pas quelqu'un de bien. Là aussi, les ragots ont pris des dimensions qui m'échappent totalement.

Si vous avez déjà entendu quelques histoires ou deux concernant mon passage sur Kaldheim, Stryxhaven ou encore Oniris, sachez que je suis convaincu qu'un auteur fou aura déformé mes propos d'ivrogne dans la taverne et en aura romancé les grandes lignes tout en exagérant grandement mes capacités.

Bref, je prend la plume pour vous prouver au fil de l'encre que je ne suis en rien ce grand homme louable et respectable dont vous auriez pu entendre parler, mais un petit sangami bien perdu dans ce vaste multivers et dont la seule qualité est d'être doté d'une honnêteté indécrottable.

Les lignes autobiographiques qui vont suivre dépeignent bien plus sincèrement ma modeste histoire et devraient faire taire ces malheureux mensonges.



Chapitre II : une entrée au second plan.

Une bonne histoire démarrerait sobrement par un prologue, voire un chapitre I mettant en place le contexte et la personnalité du héros. Mais comme je vous l'ai dit, je ne suis pas un héros. Juste un sangami souhaitant répandre la Foi dans le multivers. Bref, ce récit commence ainsi :



Alors que je sens les éternités aveugles se refermer dans mon sillage, je me matérialise sur un plan inconnu. Aujourd'hui, je sais qu'on le nomme Almeria, qu'il est peuplé par de nombreuses races, que les elfes sont divisés en trois tribus, qu'on peut perdre bien plus que de la monnaie dans les casinos et l'alcool... Mais aucune de ces informations n'aurait de toute façon d'importance alors que je me matérialise à une bonne dizaine de mètre du sol. Fort heureusement, les branches de quelques conifères amortissent ma descente et étouffent mon cri de surprise, me laissant à terre, couvert d'ecchymoses et d'aiguilles collées par la sève.

Une bonne histoire démarrerait par une chute. La mienne commence mal.

Tout en étirant mes muscles endoloris, j'observe l'aube pointer à l'horizon sous la forme de deux soleils, l'un particulièrement rouge. Le vent fait frémir les pins et quelques oiseaux prennent leur envol vers ce que j'imagine être le sud. Sortant nonchalamment une flasque d'alcool de ma besace, je me dis qu'un aussi beau paysage mérite de scander quelques vers en Son Honneur. Une branche craque et j'oublie bien vite mes belles intentions.

Après m'être assuré que je ne suis pas menacé par plus que quelques bruits, je prends la route à travers les fourrés en quête de quelques habitations.

Mon but sur ce plan ? Convertir autant d'hérétiques que possible.

Qui m'a confié cette mission ? Personne.

Quelles sont mes chances de réussites ? Bien légères si j'en crois mon expérience passée.


descendant ascendant


Réponse(s)


87 points

Orstal - Fanatique - Le 15/01/2024

Chapitre IV : À votre service...



Je sais ce que vous êtes en train de penser. Pétris d'indignation à l'idée que, non content d'avoir commencé par un chapitre II, j'éclipse tout un pan de mon histoire. La raison en est simple. Je trouvais que le titre en dirait forcément trop. J'ai longuement hésité entre les accroches suivantes :

- Comment devenir esclave pour payer ses dettes et éviter la potence.

- Pourquoi ne faut-il pas jouer au poker quand on ne sait pas mentir ?

- Mieux vaut savoir qu'il n'y a que quatre as dans un jeu et AVANT de jouer avec des adversaires qui en sortent trois chacun et à chaque tour...

Le meilleur titre reste cependant, d'après moi : Le naïf sangami et l'arnaque plus grosse que lui.

Bref, revenons au chapitre IV :




Merci pour les choppes, nabot !

Je m'inclinais docilement, satisfait de la politesse relative du client. C'était sans doute le nom d'oiseau le moins vexant par lequel on m'avait appelé ce mois-ci. Plus que 9 ans et onze mois comme celui-ci et j'aurais fini d'éponger mes créances. Les sobriquets étaient un fardeau bien léger à porter en comparaison des armes à feu maniées par les agités de la gâchette qui semblaient peupler ce plan... Pas une semaine ne passait sans qu'un accident malencontreux ne vienne éclaircir davantage les murs de bois du saloon. Un client est mort il y a trois jours. Comme moi, ils l'ont entraîné dans un jeu qu'il ne pouvait gagner. Contrairement à moi, il a refusé de porter le collier. Trois tirs au côté droit et j'ai pu apprendre à nettoyer les tâches de sang les plus coriaces.

La servitude m'allait mal, mais maintenant que ce foutu azra, mon maître, m'avait lié à lui par ce foutu pacte, je n'avais plus vraiment mon mot à dire. À vrai dire, vu que l'un de ses premiers ordres a été de me dire de me taire, je n'avais plus dit un mot depuis des lustres... un comble pour un skald !

Ma croisade personnelle sur Almeria se trouvait dans une impasse. Une impasse dans laquelle on avait placé une charrette de bouse.



Ma commande délivrée, je retournais auprès du vieux Bill, barman improvisé et ancien client. Lui aussi portait le collier.


T'empeste gamin ! Va donc plonger tes miches dans le baril à l'arrière. Le Baron d'vrait plus tarder à arriver et j'ai pas envie qu'il m'reproche l'odeur ambiante. Allez, exécution !

Encore une fois, je n'avais pas vraiment mon mot à dire. Bien que Bill n'ait pas l'Autorité sur moi, il était le seul en lequel je pouvais avoir à peu près confiance dans ce bouge. L'eau du baril était croupie, mais c'était de toute façon une denrée rare dans ses contrées. Bien décidé à survivre, je fis de mon mieux pour contenir mes larmes. Je crois que c'est à cet instant que j'ai réalisé que convertir des individus à travers les plans, ça ne s'improvisait pas.

Magne-toi gamin ! C'est le Baron!

Depuis le début de ma servitude, Bill était persuadé que j'étais un enfant. Je n'avais pas encore osé le contredire. Après un brin de toilette, je rejoignais la pièce principale.

Le Baron poussa les portes du saloon suivi par deux silhouettes encapuchonnées et vêtues de haillons longs. Il tenait à sa main deux chaînes qui arrivait au niveau du coup de ses suivants. Les clients s'étaient tous tus à son arrivée. Le Baron avait le sourire. Et quand un azra affiche un sourire aussi large que ses cornes ça pouvait être un très bon comme un très mauvais présage.

Bill, je monte dans le salon bleu, tu reste ici et assure le service. Petit, tu viens avec nous.

Contents que la menace ne s'attardait pas sur eux, les clients reprirent leurs activités. Bill s'inclina servilement et j'emboîtais le pas au Baron et à ses captifs. L'une des silhouettes avait une allure fine et féminine, l'autre était plus massive et une queue couverte d'écailles pourpres dépassait de ses vêtements.




Le Baron, Welnac Wellbron de son vrai nom, s'installa sur un fauteuil massif et croisa ses jambes sur un secrétaire, dominant ainsi se petite assemblée par le regard et par ce qu'il estimait être de la prestance. Ainsi installé, il décida de prendre le temps de s'allumer un cigare, faisant apparaître une gerbe de flammes au niveau de son pouce crochu. C'était là l'une des deux magies caractéristiques de cette espèce sur Alméria : pyromancie et contractomancie. Welnac Wellbron était bien plus efficient dans cette seconde catégorie.

Après avoir inspiré quelques bouffées de tabac et pollué l'air ambiant, le Baron se mit à feuilleter un carnet à la couverture sombre.



Voyons-voir... Orstal Mogaï, dix ans de servitudes depuis le douze... Occupation et capacités à déterminer... Et au niveau de l'Autorité : trois Contraintes. Ne pas parler, ne pas sortir du saloon, ne pas exercer la moindre forme d'agression physique... Je crois me souvenir que votre contrat a été fait dans la précipitation, votre dossier a quelques lacunes que nous devons combler.

Sur ces mots, l'azra se leva et apposa sa main sur mon collier.

Je lève la première contrainte et la remplace : vous avez l'autorisation de parler. Je vous suggère de faire preuve d'intelligence et de ne pas abuser de ce privilège... C'est bien clair ?

Oui...


Ma voix semblait presque fatiguée, ma gorge semblait sèche et ma langue peinait à trouver ses marques.

Esclave Orstal, je n'irai pas par quatre chemins. J'ai besoin de serviteurs de talents, et j'en ai besoin urgemment. Vous n'avez pas l'air de grand chose, mais votre espèce est inconnue à ce jour... Je suppose que vous n'êtes pas d'ici. Et que pour arriver jusqu'à moi, vous devez avoir quelques dons. Du moins je l'espère...

Sa main toujours apposée sur mon collier, il prononça les mots suivants :

Nouvelle contrainte : il vous est désormais interdit de me mentir. Qu'êtes-vous capable de réaliser ? Que pouvez-vous faire qui puisse m'intéresser ?

Je me raclais la gorge. Mentir n'était de toute façon pas mon point fort. Je me dis que j'avais des chances d'alléger ma peine si j'étais d'une quelconque utilité. À posteriori, j'aurai mieux fait de me taire....

Et bien, je connais des rites skaldes et les histories de nombreux guerriers et...

Barbant ! Capacité suivante.

J'ai des connaissances d'autres plans et...

Moi aussi et cela ne m'impressionne pas ! Au diable vos connaissances... Si un yéti était devant vous, prêt à vous tuer... Que feriez-vous ?

Je me lierai à lui par la tramepensée pour mieux le cerner et m'apprêterai à m'enfuir, ou à me battre si j'avais mon équipement...

Donc... Vous savez vous battre... Qu'est-ce que la tramepensée ?

Je peux me lier à d'autres créatures et faire en sorte que nous ressentions les émotions et intentions les uns des autres...

On dirait le début d'un roman à l'eau de rose.... Concrètement en quoi cela peut me servir ?

Je peux apaiser des clients violents, apprendre de nouvelles capacités plus rapidement en me connectant à un expert... Ah, je peux aussi augmenter grandement la coordination au sein d'un groupe.


Le Baron se tourna vers les deux esclaves au fond de la pièce.

Ooooh ! On touche enfin quelque chose d'intéressant ! Vous deux, enlevez vos capuches ! Je crois que nous venons de vous trouver un partenaire !

Edité 1 fois, dernière édition par Orstal Le 22/05/2024

87 points

Orstal - Fanatique - Le 24/04/2024

Chapitre 5 : Une expérience onéreuse.



Allez ! Plus fort, plus vite ! C'est mou tout ça ! T'as des spaghettis à la place des bras ou quoi ?!

Ainsi fut énoncé le début de ma sentence. Le Baron cherchait un troisième larron pour compléter sa collection de gladiateurs...

J'ai dit plus vite !

Les deux silhouettes encapuchonnées se nommaient respectivement Aïla et Skor. La première semblait être une elfe brune, délicate mais agile. Le deuxième...

Mais c'est pas possible ça !

Le deuxième était un puissant guerrier viashino, un maître des armes blanches et...

Bon ! On va pas y passer la nuit non plus ! File-moi ce balai !

Aïla arrêta un instant de me crier dessus tandis qu'elle arrachait la hampe de ma serpillère. Mon entraînement avait à peine duré vingt minutes avant qu'un coup bien placé torde mes viscères, ce qui eut pour conséquence de me faire restituer ma pitance du midi.

Et ça veut devenir gladiateur...

J'aurai pu me taire suite à cette remarque. J'aurai sans doute dû me taire, suite à cette remarque. Mais faute d'être un héros de la Secte, j'ai la répartie facile et l'honnêteté brutale.

Ça, ça n'a jamais demandé à devenir gladiateur. Ça, ça a la décence de vouloir rester en vie plutôt que de jouer le suicidaire pour un public de dégénérés et...

La douleur et le bruit sec de la serpillère sur ma tempe gauche m'apportèrent soudainement un brin de raison.

Parce que tu crois que t'es le seul à avoir une dette plus grosse que toi ? Il y a que les écailleux pour entrer de leur plein gré dans l'arène !

Le combat est un art noble.

Je suis sûr que tes victimes sont honorées d'être déchiquetées par tes nobles crocs, Skor.


Le viashino pencha la tête sur le côté et questionna Aïla.

Ça n'avait pas l'air de te déranger plus que ça la dernière fois ; tu avais même l'air plutôt satisfaite quand j'ai croqué l'aile de cet avemain...

Il allait me lacérer la gorge... Mieux valait que ce soit lui que moi.


Le Baron descendit à son tour dans la cave du saloon, les cornes en partie dissimulées par la fumée de son cigare.

Alors, que donne le nouveau ?

Il est ridiculement peu adapté à la tâche que vous lui destinez, maître.

Franchement, je ne vois pas pourquoi vous voulez le recruter. Il n'a pas la moitié de la trempe d'une brebis galeuse. En fait, je pense qu'une brebis tiendrait plus longtemps que lui.


Un sourire semblait s'esquisser derrière les volutes. Wellnac Wellbron sortit de sa manche un cristal pourpre taillé en pointe. Aussitôt, Skor s'approcha, l'eau à la bouche :

Maître : voilà une heureuse surprise pour votre humble serviteur... Est-ce pour mon prochain duel ?

Non. C'est pour tout de suite. Va t'enchaîner au mur du fond.

Avec plaisir, maître.


Le viashino s'executa en sautillant. Aïla s'approcha discrètement de la sortie.

Si vous voulez bien m'autoriser à m'excuser...

Je n'autorise pas, tu restes ici et tu observes.

Mais...

Et surtout, tu te tais.


L'elfe pinça sa lèvre inférieure avec ses dents nacrées, son inquiétude transpirant jusqu'à moi sans l'aide de la moindre tramepensée.

Je suis prêt, maître !

Le corps du viashino tremblait d'anticipation tandis que l'azra s'approchait de lui. Leurs regards se croisèrent et, soudainement, le Baron ficha la pierre dans l'épaule de son esclave. Aussitôt, ce dernier fut agité de soubresauts. Ses écailles passèrent du gris sale à l'écarlate et ses yeux se gorgèrent de sang. Skor poussa un cri effroyable et bondit. Ses crocs se refermèrent à quelques centimètres du cou de son propriétaire tandis que son corps se figea dans les airs, ancré au mur par des attaches rouillées.

Esclave Orstal, nous allons maintenant tester vos prétendus dons. Ces chaînes devraient lui résister quelques minutes.

Mais qu'est-ce que vous faîtes ?!

Je vous offre un client violent. L'essence cristallisée de mana rouge décuple les facultés physiques des reptiles mais leur fait perdre tout discernement. Utilisez vos pouvoir pour ramener à la raison ma possession, ou faîtes-vous croquer par elle.


Je ravalais ma salive avec difficulté. La tramepensée pouvait effectivement fonctionner mais... il y avait un risque non négligeable pour que ce soit les émotions de Skor qui affectent les miennes. Prudemment, je tissai un lien vers le reptile dont les écailles prenaient une teinte de plus en plus vive. Lorsque la tramepensée effleura son essence, je sentis mon être bouillonner d'une rage telle que je n'en avais jamais connu. Un tourbillon de haine ballotait mon esprit et la soif de sang m'envahit jusqu'à ce que la hampe du balai atterrisse sur ma frêle caboche. Mes yeux, pourtant ouverts, recouvrirent leur capacité. Aïla venait de me ramener de la plus directe des manières. Le baron avait disparu.

Reprends-toi le nabot ! Si t'arrives pas à le calmer, on y passe tous les deux !

Sachant maintenant à quoi m'attendre, je retissai le lien, emportant cette fois-ci avec moi le sang-froid de l'elfe gladiateur. Le tourbillon d'émotions négatives était toujours aussi fort, mais je me sentais flotter à l'intérieur sur un radeau de calme : une frêle esquisse de sérénité dans un océan de sang !

À cet instant, une chaîne céda et le monstre écailleux se jeta sur moi. Je sentis une vive douleur dans mon bras droit. Aïla poussa un cri et je sentis en elle le désir de me protéger, le désir de vivre. Emporté par cet élan positif, mon embarcation devint navire, mon navire devint l'océan et Skor reprit le contrôle.


Orstal, ton bras...

Sans que je comprenne vraiment pourquoi, la voix d'Aïla tremblait. Des applaudissements nous parvinrent depuis le saloon et le Baron redescendit les marches.

Bra-vo ! C'est la première fois que quelqu'un parvient à endiguer la frénésie d'un viashino. Il va falloir tester ça en conditions réelles !

Maître ! Il faut le soigner ou l'hémorragie lui sera fatale !

Bien sûr que nous allons le soigner, je ne voudrais pas perdre l'oie aux œufs d'or.


À cet instant, il me semble que je me suis évanoui.

Edité 2 fois, dernière édition par Orstal Le 25/04/2024

Répondre

Si vous êtes l'une ou l'un de celles et ceux qui ont choisi la rébellion contre le brouillard de la toile qui étouffe les esprits, identifiez-vous pour participer. Sinon vous avez encore une chance d'éveiller vos sens, en rejoignant notre communauté de Magiciens Fous.

Le Dark Mogwaï

Retrouvez le Dark Mogwaï et la communauté des Magiciens Fous sur :


Pour une raison obscure, un Retour de l'effroi vous ramènera n'importe quelle créature, sauf l'Effroi.

—Lim-Dul, la Nécromancie pour les Nuls, édition de poche

Proposé par Dark Mogwaï le 19/06/2012

Le sondage du bas d'en bas de la page
Que des petites frappes à Croisetonnerre. Quel·le hors-la-loi aurait dû trainer ses bottes là-bas ?

Résultats (déjà 364 votes)