[Kalitas] De l'humain à l'entité spirituelle

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Discussion ouverte par Kalitas_PkMTG Le 24/08/2022

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Kalitas_PkMTG

Sur les Terres Originelles, tous les êtres n'existent que dans un seul but : servir le Dieu Tout-Puissant qui règne, le Dark Mogwaï (GàL). Qu'ils soient vivants ou morts, ils ont le même objectif et la même dévotion envers leur maître. Menés par les sectateurs de la Secte des Magiciens Fous, les fidèles amènent les impies au sacrifice pour Le satisfaire, et leurs âmes sont envoyées dans Son Néant.
Et les cadavres ? Ce premier récit de l'histoire d'un nécromancien, puis de celle d'un esprit, vous le dira.

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Chapitre 1: La crise démente de Madan
Année 4548

Madan Aclunior était autrefois un clerc humble et loyal. Il a grandi parmi les autres jeunes Sectateurs et a dédié sa pleine vie à l'Ultime Seigneur (GàL). Enfant, il rêvait de se retrouver à la place des clercs chargés de superviser les sacrifices des hérétiques. Ainsi, bien des années plus tard, son rêve s'est réalisé : il était désormais à la tête d'un groupe de clercs chargés du bon déroulement des rites de sacrifice d'impies, rites observés sous l'œil attentif de Madan.
Une journée comme une autre. Cette fois, comme de plus en plus souvent en ce moment, Madan lui-même se chargea d'ôter la vie du sacrifié. Sans la moindre considération, d'un coup de dague, le clerc trancha la gorge de l'hôte. Ses sujets prononcèrent la formule du rituel supposé satisfaire l'Unique Seigneur (GàL), tandis que lui se chargea de récolter le sang s'échappant du cadavre dans un calice.


Apportez-ça aux vampires ! Et qu'on me débarrasse de ça !

Les sectateurs s'exécutaient. Madan, quant à lui, quitta la salle. Et comme souvent, il était attendu à la sortie. Parfois par un seul, parfois par plusieurs de ses confrères Membres de la Secte. Il faut dire que l'ancienneté de Madan le rendait célèbre, son implication au service du Dark Mogwaï (GàL) était indéniable, et son efficacité et la qualité de ses rituels étaient admirable même des Gourous. Lorsqu'il rejoint ceux qui l'attendaient, un premier compliment fut de mise.

C'était simple et efficace, Madan, comme toujours.

Madan avait pris l'habitude de recevoir des louanges de la part de ses camarades, aussi simples soient-elles. Il n'exprima donc pas le moindre signe de joie.

Merci. Ça me fait toujours plaisir que mon travail soit toujours à la hauteur.

Les autres sectateurs ne sont pas aveugles : ils voyaient bien que le clerc ne semblait pas plus jovial que ça, bien qu'il n'y ait pas vraiment raison de l'être.

Est-ce que ça va ?

C'était en revanche la première fois que quelqu'un lui posait cette question, notamment à la suite d'un rituel. Et Madan savait que ce n'était pas un simple échange de banalité, mais bien une remarque sincère. Distrait par les sectateurs débarrassant le cadavre de celui qu'il avait sacrifié, la réponse de Madan fut assez tardive.

Bien sûr que oui. Pourquoi ça n'irait pas ? Le rituel s'est bien passé, rien ne pourrait aller mal. Maintenant, si vous me le permettez, je m'en vais. Cela fait un bout de temps que je ne suis pas passé à la Bibliothèque.

Madan quitta ses compagnons. Il ne passait que rarement à la Bibliothèque, et n'avait envie d'y retourner. Mais il lui fallait trouver une excuse pour mettre fin à la discussion avec ses pairs. En réalité, et il refusait de l'admettre au moins en public, Madan s'ennuyait avec le temps. La monotonie de ses journées lui faisait petit à petit perdre goût à tout ce qu'il fait. Tuer lui-même les hérétiques est une chose qu'il fait de plus en plus pour raviver son énergie, mais rien n'y fait.

Bah, un tour à la Bibliothèque me distraira peut-être plus que prévu.

Il lui fallut quelques instants pour sortir du temple cérémoniel en direction de la Bibliothèque. Une fois arrivé, il est chaleureusement accueilli par les bibliothécaires. Il fit un tour auprès des étagères et prit un livre sur les sacrifices. Un passage en particulier retint son attention : « les corps laissés par les sacrifiés sont soit offerts aux nécromanciens, soit donnés aux bêtes sauvages afin de les nourrir ». La nécromancie ? Il en entendait rarement parler et ne savait que brièvement en quoi cela consistait. Mais plus que jamais, il se demanda ce qu'il était fait des cadavres laissés par des sacrifices tels que les nombreux d'entre eux auxquels il a procédé.

Il chercha donc un livre sur cette discipline jusqu'à en trouver un : « La nécromancie pour les nuls ». Il découvrit dans un premier temps la façade de cet art : l'étude des morts. En réalité, il s'agissait surtout de ramener les morts à la vie, sous une forme souvent « réduite ». Il eut d'abord du mal à y croire, jusqu'à ce qu'il se remémore l'existence des squelettes et des zombies au sein de la Secte. Ces êtres seraient donc issus de la nécromancie ? Il fallait en savoir plus.

Il lut ensuite un passage censé le faire « déchanter » de la nécromancie : « La maîtrise de la nécromancie est difficile, et requiert une très grande puissance de magie noire. Si vous ne maîtrisez pas la magie noire ou qu'elle n'est pas assez puissante, ne tentez surtout pas de reproduire ces expériences ». C'était tout à fait le genre de magie auquel Madan n'a jamais été exposé, et un monde qui lui était parfaitement inconnu. C'était un adepte de la magie blanche, de nature opposée, et il n'en usait qu'à de rares occasions, comme les sacrifices les plus importants ou quelques sorts de lumière offensifs et de guérison qu'il a appris au cas où. Mais au fond, qu'avait-il à perdre à se lancer dans une nouvelle expérience ?

Soyons fous, essayons quand même.

Il emprunta ce livre ainsi que d'autres livres sur la magie noire en général. Puis il rentra chez lui, à feuilleter ces livres afin de découvrir tout ce qu'il peut sur cette nouvelle forme de magie.
Les journées passaient, et Madan alternaient entre rituels et séances de lecture. Et parfois, la nuit, la pratique, où il tenta de faire ne serait-ce qu'apparaître de la magie noire de ses mains. Cette nouvelle routine lui avait redonné le sourire. Les autres sectateurs l'avaient remarqué, et étaient bien curieux de connaître la raison de ce soudain regain d'humeur. À cela, Madan répondait toujours :


J'ai trouvé de quoi occuper mon temps libre, je vous en dirai plus à l'avenir.

Un jour, vint une nuit spéciale, puisque pour la première fois, il allait tenter de réanimer un mort. La nuit tombée, il partit s'isoler dans la forêt, emmenant avec lui quelques cadavres qu'il a fait demander à livrer chez lui à l'occasion. Il prit l'un d'entre eux et tenta de le réanimer sous forme de zombie. Ses entraînements ont payé : il réussit son œuvre ! Lui, Madan, un clerc adepte de la magie blanche, avait réussi à réanimer un mort sous la forme de zombie. Malheureusement, le résultat n'est pas parfait : le mort-vivant se met à attaquer son créateur, surpris, se défendant comme il peut, et sur le point de se faire tuer... mais il est sauvé par la décomposition de sa création, pas assez solide pour rester en état. C'est donc un lamentable échec, qui lui a certes sauvé la vie, mais ne rien faire aurait eu le même résultat. Dévasté par cet échec, il jura d'arriver au bout de son dessein. Il enterra alors les cadavres dans un endroit sûr, pour ne pas avoir à les ramener avec lui après cette nuit finalement épuisante.

Non remis de cet échec, Madan s'efforça de corriger cela, et se donna corps et âme toujours en Son Honneur (GàL), mais notamment à enfin maîtriser cette nécromancie. Cette activité le prend de plus en plus, tellement qu'il réduit ses heures de sommeil, et même transfère des rituels sous la supervision d'autres prêtres, prêtresses et Membres de la Secte. Durant cette période, il ne faisait qu'attendre que la nuit tombe de nouveau, car à ce moment-là il pouvait s'adonner à son temps libre et à la nécromancie. La journée, il sert la Secte avec des rituels, tout en passant un temps de plus en plus grand à feuilleter des livres de nécromancie et de magie noire, pratiquant quelques exercices, et la nuit, il tenta de mettre en œuvre tous ses efforts à ramener les cadavres à la vie.

La nuit où il y parvenait était venue vite. Un moment de stress, par peur de répéter le lamentable loupé de la première fois, puis de la concentration. Il s'était préparé comme jamais exclusivement pour ce jour-là. Il décida d'abord de réanimer des squelettes plutôt que des zombies, ceux-ci étant moins dangereux en cas de danger. Ce fut extrêmement facile : de sa main entourée de magie, il effaça la chair des cadavres et leva les corps osseux, avant de leur donner vie. Il avait enfin réussi à pratiquer la nécromancie sans contrecoup. Puis il s'est de nouveau risqué avec des zombies. Ce fut tout aussi facile que des squelettes, et bien qu'il se soit quand même préparé au pire, il n'eut pas besoin de se défendre : sa maîtrise était parfaitement acquise désormais et ses créations plus réussies que jamais. Alors il lui en fallait plus : plus de pouvoir, plus de morts à réanimer... Toujours plus de pouvoir. Il se rendit un soir dans un cimetière pour réanimer tous les morts qui s'y trouvaient, laissant un cimetière complètement vide le lendemain. Et il ne donna aucun signe de vie pendant un laps de temps, abandonnant plusieurs rituels, à la surprise des autres sectateurs.

Puis il réapparut après une longue absence, pour exécuter un rituel comme si de rien n'était. Il ne répondit point aux questions qu'on lui posait sur son absence. Ses fidèles se contentaient d'exécuter le rituel comme ils l'ont toujours fait, et Madan empoigna la dague qui servait aux sacrifices. Puis il trancha la tête de l'hérétique, et resta stoïque, sans mouvement. L'un des prêtres demande ensuite la suite du programme, par principe, mais également comme si les choses étaient différentes. La réponse de Madan fut inattendue.

Êtes-vous au service de Notre Seigneur, le Dark Mogwaï, chers fidèles ?

Ces derniers acquiesçaient comme si cela leur paraissaient une évidence. Prêts à donner corps et âme pour le satisfaire, disaient-ils.

Alors il est temps de le servir comme il se doit. Approchez tous.

Les prêtres et prêtresses obéirent. Madan fit signe de ne pas bouger. Puis il révéla enfin ce à quoi il consacrait son temps, et réanima le cadavre du sacrifié sous forme de zombie. Ses fidèles, ainsi que les sectateurs spectateurs, étaient surpris du spectacle qui venait d'avoir lieu. Vient ensuite une scène horrifiante, un véritable massacre : avec son zombie, et d'autres qui surgissaient de nulle part, il exécuta tous ceux qui le suivaient aveuglement, avant de les ressusciter comme de nouveaux morts-vivants. Les autres Membres de la Secte restaient figés sur place devant ces événements, comprenant que Madan était pris de démence, la folie à son apogée. Tout ce qu'ils pouvaient faire étaient prier le Dieu Suprême (GàL) pour qu'il intervienne.

Dans l'ombre du fond de la salle, la Grande Prêtresse, qui assistait à ce spectacle, eut une moue désapprobatrice. Tant de vies de Sectateurs gâchées. Mais elle avait senti Sa présence la retenir d'intervenir. Elle haussa les épaules et disparût si discrètement que personne ne sembla savoir qu'elle avait été là.

Car effectivement, la prière des sectateurs semblait être entendue : Madan tomba au sol. Sa chair se décomposa, réduite en poussière jusqu'à ne laisser qu'un corps squelettique. Madan venait-il de mourir ? Pas vraiment. Son âme partait irrémédiablement en direction de Son Néant après ce carnage de fidèles. Cependant, elle fut brutalement stoppée dans son chemin une vague de douleur indicible. Sa présence se fit plus forte. C'était Sa Volonté. Il (GàL) voulait communiquer avec lui.

À trop chercher aveuglément la puissance, la folie t'écarte du chemin, Madan. M'offrir des âmes qui Me sont déjà acquise est une hérésie. Mais Je vois quelque chose en toi et J'ai décidé de te laisser une seconde chance. Retournes sur les Terres Originelles, et continue à pratiquer la nécromancie. Mais n'abuse surtout pas de ton pouvoir : sinon, tu seras consumé par toi-même et Mon Néant deviendra ta seule destinée. Garde un lien avec la folie, mais n'en use pas plus que tu ne le peux. Ne fais surtout pas cavalier seul : suis les ordres de tous les Membres plus haut placés que toi, surtout Mes Gourous, Ils sont Ma Voix. Et ne Me déçois sous aucun prétexte.

L'âme de Madan repartit alors en direction de son hôte mort-vivant sur les Terres Originelles. Il se leva, au milieu des Membres de la Secte qui s'étaient avancés une fois le carnage achevé. Son réveil les fit reculer, pris de peur. L'un d'entre eux demande des explications sur la tournure des événements. La réponse de Madan fut très sombre.

J'ai offert un cadeau à notre Ultime Seigneur (GàL) comme il en aura rarement reçu. Le Dark Mogwaï lui-même a communiqué avec moi aux portes de Son Néant. J'ai une mission désormais, et je l'exécuterai en Son Nom pour ne pas Le décevoir. Un tel sacrifice coûte très cher, et je sais bien que je n'en reproduirai probablement pas un d'une aussi grande envergure. Mais sachez que je reste avant tout un Membre de la Secte, et que ma dévotion envers Lui (GàL) sera toujours ma priorité. Maintenant, je dois aller à la rencontre des Gourous.

Sur ces paroles, le nécromancien désormais mort-vivant se mit en route. Les sectateurs se disaient entre eux que le Madan Aclunior qu'ils avaient connu avaient radicalement changé et que les choses ne seraient plus les mêmes. Entendant ces paroles, le nécromancien hurla en guise de désapprouvement, à la surprise générale de ses camarades. Puis il conclut :

Madan Shadowend. Tel est mon nom.


descendant ascendant


Réponse(s)


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Kalitas_PkMTG - Spirite - Le 06/09/2022

Vous connaissez l'histoire de Madan Aclunior, un clerc honorable et respecté dans la SMF devenu nécromancien, corrompu par une soif de pouvoir et l'apprentissage de la magie noire. Malgré la modération avec laquelle il use de ses pouvoirs, de nouveaux projets vont guider celui qui se fait désormais appeler Madan Shadowend vers un nouveau chemin.
Découvrez comment l'esprit issu de l'embrasement d'une étincelle de Planeswalker, apparaît dans le Multivers.

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Chapitre 2: La création de l'étincelle
Année 4559 : début de l'ère des Sentinelles

Plusieurs années se sont écoulées depuis la transformation de Madan. Autrefois l'un des clercs les plus proéminents de la SMF, désormais un nécromancien dont les avis extérieurs sont controversés. Certains regrettaient Aclunior, d'autres sont ravis de l'audace et l'apparition de Shadowend. Ses activités actuelles se résumaient toujours à des rituels de sacrifices, cette fois-ci menés par les prêtres et prêtresses au service d'Aclunior, qu'il a moissonnés et zombifiés, et bien évidemment, toujours à de la nécromancie, réanimant les cadavres des sacrifiés pour qu'ils continuent à servir le Dark Mogwaï (GàL) même après leur mort. Malgré ces transformations, les rituels de Madan étaient toujours très efficaces. Plus sanguinaires, naturellement, mais pas moins réussis.

Et comme à l'époque, d'autres Membres de la Secte venaient observer ces rituels. Pour la plupart, ils n'ont rien à voir avec ceux du clerc qu'ils ont connu. Certains avaient une dent contre Shadowend qui, selon eux, « n'est rien d'autre qu'un meurtrier qui a tué Madan Aclunior ». Mais il s'est entretenu avec les Gourous, et visiblement ces derniers ont laissé Madan aller à ses activités. Et les Gourous sont l'autorité suprême après l'Unique Seigneur (GàL), alors aller à l'inverse de leur sens n'est pas une bonne idée. Pour cette raison, le nécromancien n'est la cible de personne, compte tenu également de ses pouvoirs.

Depuis son retour à la bibliothèque lorsqu'il n'était encore qu'un misérable humain, Madan s'était abonné à un journal, la Revue Interplanaire. Elle raconte les divers événements se déroulant dans les plans ailleurs que les Terres Originelles, procurant à la Secte des Magiciens Fous des informations fournies par des émissaires à travers les plans, ainsi que par des Planeswalkers au service de Sa Grandeur (GàL). À la une se trouvait un article concernant le plan de Zendikar : les eldrazis, créatures incroyablement puissantes absorbant le mana des plans par lesquels elles passent, sont en train d'envahir le plan, et les Zendikari, menés par quelques Planeswalkers, luttaient de toutes leurs forces pour repousser cette menace.

À vrai dire, Madan n'avait que faire de ce qu'il pouvait advenir sur Zendikar. Ce qui l'intéressait de plus en plus, c'était les Planeswalkers. Des êtres en tous genres capables de voyager librement à travers les plans, voilà le genre de pouvoir qui attire le nécromancien. Il n'a jamais prêté attention à ces derniers lorsqu'il était humain. Il savait simplement qu'ils existent et sont « spéciaux » dans les grandes lignes. Mais il a changé, et tout moyen de lui donner plus de pouvoir est bon pour lui.

Il décide alors de se renseigner sur les Planeswalkers, d'abord les Membres de la Secte : Grhyll l'Exterminateur, Skyion, Thorgor, pour ne citer que les plus fameux. Très vite, il passe à autre chose : comment devenir soi-même un Planeswalker. Les pré-requis seraient les suivants :

« Pour qu'une créature devienne un planeswalker dans des circonstances normales, elle doit avoir une âme et être un mage de quelque sorte. »

Ça devrait être bon : il maîtrise la nécromancie, et son âme, bien que corrompue par la folie et son pouvoir, existe toujours. Il continue à lire :

« Habituellement, l'embrasement de l'étincelle est déclenché par un événement de vie puissant, affectant émotionnellement et modifiant la perspective, souvent une expérience de mort imminente. »

Cette partie lui est moins familière. Il est constamment exposé à la mort, lui-même l'étant d'une certaine façon, et le plus grand changement qu'il ait connu jusque maintenant est le jour où il a remplacé Aclunior. Comment pourra-t-il vivre une expérience qui va au-delà de ça, s'il veut embraser son étincelle ?

Madan se rappelle les dires du Seigneur (GàL) aux portes de Son Néant comme si c'était la veille. S'il abuse de son pouvoir, celui-ci le consumera. Ce pourrait être un moyen de frôler la mort et d'obtenir ce qu'il convoite. C'est un sacré pari que d'oser remettre en question les paroles du Dark Mogwaï (GàL), mais Madan s'excuse en pensant que si jamais il réussit son entreprise, alors il pourra Le servir encore plus, Lui que tous les êtres sur les Terres Originelles vénèrent depuis la nuit des temps.

Ainsi, comme à l'époque, il emprunta à la bibliothèque des livres sur la magie noire, cette fois-ci d'un niveau avancé. S'il veut exploiter davantage ses pouvoirs, il doit mieux le maîtriser et en acquérir toujours plus, et donc s'entraîner.

C'est donc tout naturellement que les escapades nocturnes reprennent. Mais tout mort-vivant qu'il est devenu, il n'a plus besoin de dormir et bénéficie donc de plus de temps. L'emploi du temps de Madan n'est pas pour autant vierge, et ce sur sa volonté : la journée, rituels, documentation lorsqu'il n'est pas en fonction, et toute la nuit, exercices de magie noire de toutes sortes. Plus il s'entraîne, meilleures seront ses chances d'embraser son étincelle de Planeswalker.

Quand l'occasion se présente, il se permet de tenter des trucs un peu fous : massacrer les populations de villes peuplées d'hérétiques pour créer toujours plus de zombies est un moyen de faire d'une pierre deux coup en servant son Seigneur Adoré (GàL), tout en déchaînant sa puissante magie noire. Une fois aussi, il s'est inscrit à un tournoi de combat organisé par d'autres Membres de la Secte, afin de tester sa puissance et de la comparer aux autres sectateurs. Il sera pourtant disqualifié dès le premier round, car il tuera son adversaire. Et le ramener en mort-vivant n'était pas suffisant pour se faire pardonner. C'est bien dommage qu'on ne le laisse pas toujours s'exprimer comme il l'entend, mais Madan n'est pas stupide : il ne veut pas s'attirer des problèmes avec les Gourous ou pire, le Dark Mogwaï Lui-même (GàL).

La routine continua longtemps, assez longtemps pour que les Eldrazis de Zendikar, malgré la présence de deux Titans, soient mis en difficulté par un groupe de Planeswalkers, ce qui lui donnait toujours plus envie de devenir l'un d'entre eux. Pourtant, rien ne changeait. Il ne se sentait pas plus proche que ça du but. Mais il continua. Encore et encore.

Puis vient LA nuit. Supposément une nuit comme une autre, jusqu'à ce qu'un événement inattendu ait lieu : un rayon lumineux le visant. Malgré la surprise, Madan réussit à éviter cette attaque.

Qui a osé ? Montrez-vous !

De nouveaux projectiles de magie en tous genre surgissaient à nouveau. Madan ne put lutter face à un ennemi dont il ne connaît pas la position. Ainsi, il finit par être touché, et dès lors, c'était fini. De plus en plus d'attaques l'atteignirent, affaiblissant ses défenses. Puis il tomba. Il répéta d'un ton faible le mot :

Qui...

La réponse ne se fit pas attendre. Quatre silhouettes se révélaient à lui. Elles lui semblaient étrangement familières. L'un de ses assaillants prit la parole.

Toi. Tu as tué notre ami...

Sur un ton plaisantin, Madan, qui avait reconnu ceux qui l'avaient attaqué, ne peut s'empêcher de répondre :

J'ai tué plein de gens. Il va falloir être plus précis.

L'homme lui répond, exaspéré, sur le ton de la colère.

Du jour au lendemain, tu te pointes au tournoi de duels SMF... et tu tues de sang-froid ton adversaire. Comme si ça ne suffisait pas, tu en fais un squelette à ton service, réduisant à néant nos chances de le sauver.

L'un de ses camarades poursuit :

Tu as fait des choses horribles, même en Son Nom (GàL). On ne te pardonnera jamais. Alors on va se débarrasser définitivement de toi ! »

Madan ne put s'empêcher de rire.

Que croyez-vous... Tout ce que j'ai fait, c'était dans le seul but de Le servir (GàL). Toute mon œuvre était Sa Volonté, et tout ce que je ferai dans le futur le sera également.

Pris de peur, ses adversaires lui répondent :

Mais... tu es un monstre ! Tu dois payer tes actes !

Madan rit de nouveau en entendant qu'il doit payer ses actes : c'est déjà quelque chose qu'il fait. Et il le fera tant qu'il existera. Il tenta de parler, mais un rayon lumineux de l'un de ses adversaires l'assaillit. Si l'intensité augmente, le corps squelettique de Madan sera décomposé, et il ne peut évidemment pas le permettre. Il va lui falloir faire appel à toute sa magie noire, mais qu'il en use à l'excès ou n'agisse pas, il a donc le choix entre une mort probable et une mort certaine. Pas besoin de tergiverser. Dans sa main, il concentre une boule de magie noire, qu'il cherche à accroître le plus possible. S'il réussit, elle absorbera la lumière et il pourra riposter. Autrement, ce sera vraiment la fin.

C'est avec soulagement qu'il voit que la lumière s'en prenant à lui s'éteint progressivement. Cela a pour effet de surprendre ses ennemis. À leur surprise, tout avait disparu. Le voilà libéré, boule de magie noire chargée à bloc en main. Pris d'un excès de colère semblable à celui du jour de sa crise démente, il se releva.

Personne n'a jamais essayé de me tuer. C'est vous qui allez payer de votre audace !

Il lança la boule au milieu du groupe. Celle-ci se mit à grossir et à absorber tout ce qui l'entoure, tel un trou noir. À commencer par la chair de leur peau, les quatre ennemis se firent absorber par cette boule. Les paysages alentours furent également touchés. Madan, quant à lui, résista tant que possible, mais perdit petit à petit connaissance... jusqu'à ce qu'il sente un changement. Quelque chose en lui grandir.

Tout se passa très vite. Il fut plongé dans un état de transe, son esprit seul au milieu du vide. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un, sortit de son corps. Ce fut douloureux pour le mage noir. Puis, trouvant conscience dans ce phénomène étrange, il tenta de comprendre ce qui se passe.

Mon étincelle... est-elle là ?

Il ouvra les yeux. Face à lui se trouvait l'entité qui sortait de son corps. Elle n'était pas encore consciente, mais elle était là. Madan tenta de prononcer un mot, sans succès. Mais c'est avec stupéfaction qu'il vit quelque chose d'inattendu : son étincelle était au sein de cette entité qui lui faisait face... entité qui ressemblait drôlement fort à celui qu'il était autrefois, Madan Aclunior. Lorsque cette entité s'éveilla, elle remarqua le nécromancien, puis disparut. Pris de désespoir, il cria :

REVIEEEEEENS !

Puis vient le vide. Et une voix.

Madan ? Réveille-toi !

Shadowend émergea. Plusieurs sectateurs essayaient de le réveiller. Tous cherchaient à comprendre les événements qui avaient eu lieu.

Mais qu'est-ce qu'il s'est passé, ici ? Ça fait plusieurs jours que tu as disparu et on te retrouve ici, dans cet endroit dévasté !

Madan ne répondit pas. Il se contenta d'observer « l'endroit dévasté ». Madan reconnut la forêt où il a été attaqué et où il s'entraînait la nuit. Du moins, ce qu'il en reste : seulement un tas de cendres. La végétation, les rochers et autres éléments naturels avaient disparus. Ce fut le cas aussi des quatre personnages qui l'ont attaqué. Il n'en restait que lui-même. Alors que les autres Membres de la Secte, alors partis à sa recherche (et l'ayant retrouvé) continuaient à l'appeler, Madan se reprit. Il ne songea qu'à une chose : cette entité qu'il a vue. Il prit la parole.

Mon étincelle de Planeswalker... Je l'ai embrasée... Mais elle est partie avec un autre hôte... un hôte sorti de mon corps, comme si je l'avais créé... Non, je l'ai créé. Il ressemblait à Aclunior, mais ce n'était pas lui. Mais cette entité est partie avec mon étincelle... Et je vais la récupérer. Je le jure sur notre Seigneur Tout-Puissant (GàL) : il reviendra, et je serais là pour l'accueillir comme il se doit, en récupérant ce qui m'appartient.

Madan se leva et ignora ses camarades, repartant chez lui comme si de rien n'était. L'un des sectateurs jugea bon de l'avertir :

Il faudra raconter tout cela à la Grande Prêtresse, Madan.

D'un ton calme, fatigué, mais assuré, le nécromancien répond :

Je le ferai.

Sur ces mots, Madan partit finalement en direction de la Pyramide afin de tout expliquer. Ensuite, il pourra se préparer à accueillir son étincelle. Pour une fois, il ne sera possible pour lui que d'attendre. Mais comme à l'époque, sa vie, ou dans ce cas précis sa non-vie, est beaucoup plus intéressante qu'avant.

Très loin dans les ténèbres, le Dark Mogwaï (GàL) observait les événements depuis Son Néant.

En effet, Madan. Il reviendra. Tout se passe exactement comme Je l'attendais...

1137 points

Kalitas_PkMTG - Spirite - Le 09/09/2022

Ce récit n'est pas très commode : une entité nouvelle créée accidentellement par les machinations d'un sombre nécromancien d'un autre monde découvrant le Multivers. Dans cette histoire, ce n'est pas le nécromancien que nous suivrons, mais ce qu'il a engendré. Découvrons le commencement de l'histoire d'un être pour le moins... inhabituel.
Et pour cela, nous aurons besoin de nous aventurer jusqu'en dehors des Terres Originelles, sur un autre plan du Multivers.

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Chapitre 3: Qui suis-je ?
Année 4559 : début de l'ère des Sentinelles

Tout démarre dans un vide. La chose sortait du corps d'un squelette. Mais elle n'avait aucun contrôle sur elle-même. Elle ne savait pas ce qu'elle était, ni pourquoi elle était. Tout ce dont elle était capable, c'était d'abord d'entendre.

Mon étincelle... est-elle là ?

Aucune idée de ce que cela signifie non plus, mais de toute évidence, c'est la voix de ce squelette, qui semblait vivant. Elle voulut lui communiquer, mais n'arriva à prononcer la moindre forme de langage : l'entité continuait à se modeler, à se créer. Un crépitement d'énergie forma la chose, sous une apparence humaine.

Elle ouvrit les yeux. Se sentant achevée, elle tenta de communiquer à nouveau avec le squelette. Mais la simple vue de ce dernier transforma son envie de communication en tout autre chose : fuir de toute urgence. Alors l'entité se mit à disparaître, sans comprendre comment. Elle entendit alors la même voix lui hurler :

REVIEEEEEENS !

L'entité ne revint pas sur ces paroles, et disparut.

Lorsque la chose se réveilla, elle était couchée au sol. Elle se leva, puis observa le paysage : un monde ravagé : de la poussière, des cadavres, encore de la poussière, à perte de vue.

Où suis-je ?

L'être d'apparence humaine approcha de l'un des cadavres. Elle tenta de le toucher, mais sa main lui passait au travers. Ce phénomène la surprit.

Comment est-ce...

Elle ne crut savoir ce qui lui arrivait, mais avant toute chose n'avait qu'une question grandissant à l'esprit :

Qui suis-je ?

Puis d'autres questions de ce genre lui venaient : « Que suis-je ? » « Que fais-je ici ? » « Que s'est-il passé ici ? »

De toute évidence, l'entité était perdue. Autant de questions sur elle-même et sur l'endroit où elle se trouvait. Cependant, cet échange avec le squelette avait complètement disparu de ses pensées... Comme s'il n'avait jamais eu lieu.

La chose avança dans une direction au hasard, cherchant n'importe quel détail pouvant lui permettre de répondre à l'une de ses multitudes de questions. Mais elle s'arrêta : elle sentit une présence.

Qui est-là ?

Cette présence... ou plutôt CES présences, approchaient. Difficile au premier abord de les détecter, mais au moment propice, l'entité se tourna dans la bonne direction, vers où deux silhouettes le chargeaient, bouches ouvertes... Et se cognent l'une contre l'autre en lui passant au travers. Ce fut une surprise générale. L'être apparemment intangible, l'exprima.

Qu'est-ce que...

Les deux personnages se levaient, remis de ce choc. Ils étaient vêtus de noir, de peau grise, avec des sortes de tatouages de sang sur le corps et le visage. Leurs dents étaient particulièrement pointues. L'un d'entre eux semblait de sexe masculin, l'autre de sexe féminin.

Le mâle lança une dague sur l'entité, mais comme pour toute autre chose et être vivant jusque-là, elle lui passa au travers. Encore une fois, la chose ne comprit ce qui se passait.

Qu'est-ce que vous faites ? Qui êtes-vous ? Pourquoi vous m'attaquez ?

Ce fut au tour de ses hôtes de ne comprendre ce qui se passe. Ils se concertaient un instant, puis se tournaient de nouveau vers leur proie, dépourvus cette fois-ci de toute forme d'hostilité. L'homme prit la parole.

D'où viens-tu ?

Je ne sais pas.

Ne mens pas. Après les événements récents, personne n'est quelque part par hasard.

Bien que la réponse ne semblait pas convenir à ses « hôtes », c'était la seule qui paraissait évidente à ses yeux.

Justement... Je ne sais pas ce qui s'est passé ici... Ni ce que je fais là...

Les deux personnages se concertaient de nouveau. L'entité les entendait se disputer pendant quelques minutes, et n'ayant rien de mieux à faire, se contenta d'attendre. Au bout de cette discussion, l'homme et la femme se tournaient à nouveau vers elle.

Je crois que tu devrais nous suivre... On va te présenter quelqu'un. Elle saura peut-être t'aider.

Sans réfléchir, l'entité obéit, et suit le duo. Ils se présentaient et répondaient aux questions « basiques » que se posait leur nouvel invité. Le mâle se nommait Idrol, la femelle Vandri. Ils font partie des vampires des Kalastria, et ont combattu face à des créatures appelées Eldrazis. Ces monstres sont responsables de tous les dégâts sur ce plan, Zendikar. Aujourd'hui, les Eldrazis sont vaincus, et Zendikar est sauvée. Il sera difficile de retrouver la végétation luxuriante et la beauté d'antan, mais les Zendikari sont confiants, qu'ils soient vampires ou non. L'entité ne comprenait pas toujours tout, et fut même surpris de connaître certaines choses, comme savoir ce qu'est un vampire, et avoir la sensation d'avoir entendu parler des Eldrazis. C'est un sentiment étrange qu'il n'a pas partagé à ses compagnons de route.

Le groupe approcha d'un grand marais, dans lequel se trouvait une gigantesque cité. Lorsque celle-ci fut à portée de vue, Idrol annonça à l'être intangible :

Bienvenue à la cité de Malakir, sur le continent de Guul Draz. C'est ici que la grande majorité des vampires vivent, nous compris.

Qu'allons-nous faire là-bas exactement ?

Vandri semblait constamment ennuyée par les remarques insouciantes de l'entité, et lui répondit froidement.

On te l'a déjà dit. Il faut qu'on te présente quelqu'un : la Chef de Sang des Kalastria, notre maîtresse à tous. C'est probablement la vampiresse la plus ancienne encore en vie sur Zendikar. Peut-être qu'elle pourra t'aider à répondre à tes questions.

L'entité, Idrol et Vandri avancent à travers Malakir jusqu'à arriver au district des Kalastria. Sur le chemin, l'entité fut criblée de regards des autres vampires à qui Idrol et Vandri faisaient signe de rester tranquille. Arrivés au district, il se trouvait un temple dans lequel tous les trois pénétraient. Ils avançaient encore jusqu'à entrer dans une salle où se tenait une belle femme vampire. S'il s'agit bien de la Chef de Sang et qu'elle est aussi vieille qu'on lui a dit, l'entité la trouva bien en forme et pas si vieille en apparence. Plutôt jeune, même. Idrol et Vandri se prosternaient devant elle en guise de salutation.

Chef Drana, excusez-nous du dérangement. Nous vous avons ramené un invité... particulier. Son cas nous dépasse, alors nous avions pensé qu'une vampiresse aussi ancienne que vous saurait l'aider à répondre à ses questions.

Drana fut surprise. Ce n'est pas tous les jours qu'on ne la dérange pour une telle chose. En général, lorsqu'on lui amène un humain (en tout cas, ce qu'elle croit en être un, dans ce cas précis), c'est pour contribuer à la repopulation de vampires sur Zendikar après les massacres causés par les Eldrazis.

Un humain ? Vous avez fait ce chemin pour me ramener un humain afin que je l'aide ?

En réalité, ce n'est pas un humain. Tout porte à le croire, mais de toute évidence ce n'en est pas un. Il est encore plus intangible qu'un esprit, ne connaît rien sur Zendikar, ni sur lui-même à priori. Nous avons dû lui raconter tout ce qui s'est passé à propos des Eldrazis.

Drana fut compréhensive.

Je vois, c'est étrange, en effet. Merci de me l'avoir amené, dans ce cas. Vous pouvez disposer.

Idrol et Vandri quittèrent la salle. Drana se leva de son trône et approcha de l'entité.

Lève-toi. Et dis-moi quel est ton nom.

Mon nom... eh bien, je n'en ai pas.

Drana esquissa un sourire. Avec les dires d'Idrol, elle s'attendait visiblement à une telle réponse.

Tu ne t'en souviens pas ? Comment Idrol et Vandri t'ont appelé, alors ?

C'est plus compliqué... Peut-être que c'est ça, mais j'ai plutôt l'impression de n'avoir jamais eu de nom. Quant à Idrol et Vandri... ils ne me l'ont jamais demandé, ni appelé par quelque nom.

Cette réponse-là était plus surprenante pour la Chef de Sang.

Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?

L'entité ne comprit pas la question. Drana dut clarifier.

Lorsque tu as vu pour la première fois le triste paysage de Zendikar, tu as sûrement dû te demander où tu étais, n'est-ce pas ? Alors avant cela, avant que tu ne découvres Zendikar... Tu te souviens de quelque chose ?

Eh bien... non. Je ne connais rien de Zendikar, mais... rien d'un autre endroit non plus.

Drana semblait savoir ce qu'elle faisait. C'est l'impression que la chose ressentait.

Permets-moi de tester cette fameuse intangibilité.

Drana approcha de plus en plus près. Elle sortit sa lame. L'entité eut un mouvement de recul, mais lorsque Drana lui donna un coup, il ne sentit rien. Encore une fois, la lame lui passe au travers. Ce qui la surprit, ce n'était évidemment pas son intangibilité, mais son mouvement de recul.

Étrange... tu as eu tout aussi peur qu'un humain, mais il est clair que tu n'en es pas un. Je n'ai pas l'impression que tu ne soies un esprit non plus... du moins, si c'est le cas, tu n'es pas originaire de Zendikar, c'est sûr. Si cela était le cas, tu serais entouré d'un halo lumineux. Je n'ai qu'une seule explication logique, mais celle-ci me dépasse moi aussi, et je n'en sais que peu de choses.

L'être aux propriétés décidément mystérieuses était définitivement intéressé par les réflexions de Drana. Bien que même elle ne semblait pas sûre d'avoir toutes les réponses, tout élément à propos de lui-même est très important à ses yeux.

Ah bon ? Et... que serais-je, selon vous ?

Je pense que tu es un Planeswalker. J'aurais du mal à t'expliquer ce que c'est, mais...

L'entité lui coupa immédiatement la parole. Ce mot, Planeswalker... elle savait exactement ce que c'est. Cela lui était parfaitement clair, sans forcément savoir pourquoi.

C'est bon, madame... Je crois... que je sais parfaitement ce que c'est... Je ne l'explique pas non plus, mais je le sais, il semblerait.

Drana fut de nouveau surprise.

Alors... vous seriez effectivement un Planeswalker ?

Si c'était le cas, ça ne fait que revenir aux questions auxquelles on était confrontés. D'où est-ce que je proviens ? Que suis-je exactement ? Mais aussi... quels sont mes pouvoirs, au-delà de cette... intangibilité ?

C'était devenu rare avec le temps, mais Drana ne s'ennuyait pas. Pour la première fois depuis très longtemps, en excluant l'invasion des Eldrazis, quelque chose la captivait.

Votre cas m'intrigue en effet. Et je suis prête à vous...

L'entité lui coupa brusquement la parole, projetant la Chef de Sang à terre d'une sorte de halo de magie noire projeté dans sa direction. La captivation de la vampiresse se transforma en colère.

Pourquoi vous avez fait ça ? Qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?!

L'entité ne répondit pas à cette question. Elle avait senti une présence juste à temps pour sauver Drana d'une attaque.

Montrez-vous ! Pourquoi vous l'avez attaquée ?

Une silhouette sortit de l'ombre, accompagnée de deux autres. Il ne fallut pas longtemps à Drana pour que sa colère envers l'entité ne se dissipe : elle reconnut très vite la silhouette principale. Elle se relève tout de même en râlant sur cette personne.

Kalitas. Tu ne manques pas d'audace de venir t'en prendre à moi directement.

Kalitas, c'était le Chef de Sang des Ghets, l'une des nombreuses familles de vampires de Malakir. Mais c'était surtout un traître : pendant l'invasion des Eldrazis, il a tenté de corrompre tous les vampires en faisant d'eux les serviteurs des Eldrazis, un plan que Drana a déjoué. Bien que Kalitas et ses suivants n'aient été chassés, ce dernier semblait vouloir prendre sa revanche.

Ma chère, j'aurais réussi à me débarrasser de toi sans la présence de ce mystérieux individu.

L'entité, ne savant pas à qui elle avait affaire, demanda à Drana :

Qui est-ce ? demanda l'entité.

Pardon, je ne me suis pas présenté : Kalitas, le plus puissant des vampires de ce plan. Les événements récents m'ont antagonisé, mais je ne veux que ce qu'il y a de mieux pour Zendikar.

La colère de Drana s'accrut.

En t'alliant aux Eldrazis et menant bon nombre d'entre nous avec toi dans ce projet insensé ? Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as pu nous trahir, Kalitas. En réalité, tu n'es rien d'autre qu'un imbécile.

Les Eldrazis auraient dû gagner, c'était l'ordre naturel des choses. Mais il a fallu que ces « Planeswalkers » venus d'ailleurs viennent s'en mêler. J'ai suivi votre discussion à tous les deux, assez longtemps pour savoir qu'à priori, toi, le sans nom, tu en serais un aussi. Alors on va t'éliminer : rien de personnel, mais c'est un moyen de venger Ulamog, Kozilek et leurs serviteurs.

« L'être sans nom » en question répondit avec naïveté.

Ah bon ? J'ai l'impression que ça a tout de personnel, moi...

Cette réponse ne fit qu'apparaître un sourire sur les lèvres de Kalitas. Il se tourna vers ses deux serviteurs.

Tuez-les. Tous les deux.

Les deux autres vampires se ruaient sur Drana et l'entité. Chacun avait droit à son adversaire. Ce fut un jeu d'enfant pour Drana d'assassiner son ennemi. L'entité n'eut d'abord pas besoin d'agir, son assaillant étant incapable de le toucher. Puis vient un moment où elle usa d'une forme de magie blanche qui eut pour effet de réduire en poussière le sbire de Kalitas, ce qui effraya l'entité, pourtant autrice de l'attaque. Voir ses sujets se faire terrasser aussi facilement déplut l'ennemi vampire jusqu'à ce qu'il admire ce spectacle.

Impressionnant. Le toucher d'Ulamog... quoique d'une couleur bien exécrable.

Il n'a rien à voir avec le Titan Eldrazi qui a corrompu ton esprit !

Drana se rua sur celui qu'on appelait le Traitre des Ghets. Les deux vampires se battaient lors d'un duel intense auquel l'entité assista. Mais malgré la puissance de la Chef de Sang, Kalitas prit le dessus, et mit Drana au sol.

Tu es loin d'être pathétique, Drana, mais je ne peux te laisser aux commandes des Kalastria. Je vais prendre les choses en main...

Il tenta de l'achever, mais l'entité l'arrêta d'un projectile lumineux. Cela avait énervé le vampire.

Soit. Je vais me débarrasser de toi d'abord.

Il sortit une Lame de Sang et l'ensorcela. Puis il fonça droit sur l'entité et lui donna un coup, qui cette fois-ci, affectait bien sa cible. L'être sans nom fut pris d'une douleur atroce : son bras, qui était touché, effectuait une sorte de clignotement, apparaissant et disparaissant tel un signal brouillé. Lorsque Kalitas approcha à nouveau, la créature intangible entendit une voix dans sa tête, hurlant un unique mot : « approche ». L'entité fut pris d'effroi comme cela ne lui était jamais arrivé... en ses quelques heures d'existence.

Non, je n'approcherai pas !

Le vampire était surpris de cette réplique venant de nulle part.

Soit. Si ça peut te faire plaisir, c'est moi qui approcherai.

Kalitas donna un nouveau coup, que l'entité para avec une sorte de bouclier d'énergie. Le vampire martelait les assauts, et l'entité ne tiendrait pas longtemps... Mais il s'arrêta net. Drana s'était relevée et l'avait transpercé de sa Lame de Sang. Kalitas cracha une quantité grandissante du sien.

Depuis le temps, tu devrais l'avoir compris, Kalitas. On ne tourne pas le dos à son ennemi. Surtout lorsqu'il s'agit de la dernière des Chefs de Sang.

Kalitas s'écroula, sans dire un mot. Il venait de mourir. Drana pensa à ce que cela faisait d'être désormais la dernière Chef de Sang, mais cette pensée lui sortit très vite de l'esprit.

S'il était mort avec les deux Titans, cela nous aurait évité des problèmes.

Puis elle se tourna vers l'entité.

Ça va ? Tu peux te relever ?

Un peu étourdie, l'entité se releva d'elle-même : de toute façon, même si Drana lui tendait la main, elle ne serait pas capable de la prendre.

C'est la première fois que j'ai mal, mais je devrais m'en remettre. Ce qui me surprend, c'est comment il a réussi à me toucher. Mais merci de vous inquiéter.

Drana fut pensive.

La liaison qu'il a eu avec les Eldrazis a dû donner des pouvoirs particuliers à Kalitas, je suppose. Il a ensorcelé sa Lame de Sang, mais on dirait que l'enchantement a été levé avec sa mort. Mais c'est plutôt à moi de vous remercier. Sans votre intervention, j'aurais pu être tuée. De plus, vous m'avez permis de mettre fin à un combat qui pouvait impliquer le sort de tout Zendikar... Et un combat personnel qui était très important à mes yeux.

Prise de joie, l'entité esquissa un sourire.

Ravi d'avoir pu vous aider alors. Que fait-on, maintenant ? demandait l'être supposé intangible à la vampiresse.

Je pense que de toute évidence, vous avez besoin d'aide. Que vous soyez Planeswalker ou non, vous avez un grand potentiel. Mais je n'ai pas l'impression que vous ne sachiez vous défendre. Laissez-moi vous entraîner. D'autres vampires nous assisteront dans cette tâche. Où que vous alliez, si vous ne savez pas vous défendre correctement, ni maîtriser vos pouvoirs, votre « pseudo-intangibilité » ne sera pas toujours suffisante pour vous sauver. Je ne sais pas si nous sommes les êtres les plus qualifiés pour remplir cette mission, mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour y arriver.

J'en serais honoré, madame.

Drana mit fin aux signes de politesse.

Tu peux m'appeler Drana. Nous sommes amis, à présent.

Ces paroles chaleureuses réchauffaient la conscience de l'entité. L'enthousiasme lui gagnait.

Avec joie, Drana. Mais... comment tu m'appelleras, alors ? Je n'ai pas encore de nom, et on ne peut pas continuer à m'appeler « monsieur le sans nom », « la chose », ou je ne sais quoi d'autre...

C'était un bon point. Drana réfléchit un instant, regardant le cadavre de Kalitas.

Ce salaud a eu une existence telle qu'il ne devrait pas exister ailleurs. Il aura apporté plus de problèmes qu'il n'en aura résolu. Les dieux ondins Ula, Éméria et Cosi ne sont en réalité que des souvenirs pervertis des titans Eldrazis Ulamog, Emrakul et Kozilek. Si une sorte de « déformation » du nom fait d'êtres répugnants des êtres vénérés, peut-être celle d'un être aussi mauvais que Kalitas vouera un être réel à de grandes choses bénéfiques pour le Multivers.

Avec cette idée en tête, elle cogita. Puis un nom lui vint.

Talik. Ce sera ton nom, si tu l'acceptes.

Ce fut l'évidence même pour lui.

Talik. Ça me plaît ! Merci encore, Drana !

Depuis ce jour, Talik vécut plusieurs mois à Bala Ged, au sein des Kalastria et de sa nouvelle amie Drana. Pendant ces quelques temps, il en apprit sur les vampires de Zendikar, mais aussi sur beaucoup d'autres choses concernant Zendikar, apprit tant bien que mal à combattre et à utiliser ses pouvoirs, malgré leur nature allant bien au-delà de ce que ses nouveaux compagnons et lui-même pouvaient imaginer. La voix qu'il avait entendue lui murmurer le mot « approche » revenait de temps à autres, mais elle ne l'effrayait plus, du moins, plus autant que la première fois. Elle n'était qu'une autre question à laquelle il devra répondre une fois qu'il se lancera dans un inévitable voyage au sein du Multivers. Car toutes les bonnes choses ont une fin, si le fait est que Talik est effectivement un Planeswalker.

Vient le jour des adieux. Les Kalastria s'étaient réunis pour l'occasion.

Ce fut un plaisir de faire ta rencontre, Drana.

Drana lui répondit d'un ton chaleureux.

Pareillement, mon ami. Espérons maintenant que tu arrives à transplaner, et que tu trouveras les réponses à toutes les questions que tu te poses. Sache quoi qu'il en soit que nous autres, vampires des Kalastria, pourrons t'aider si tu en as besoin. Du moins, tant que tes problèmes sont à portée de notre plan.

Je n'y manquerai pas.

Talik effectua un geste de salut. Il se concentra un instant dans le but de transplaner où bon le vent l'emmènerait. Ainsi, l'entité qui portait désormais un nom disparut de la surface de Zendikar. Drana lui « adressa » ses pensées à soi-même.

À bientôt, Talik.

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Kalitas_PkMTG - Spirite - Le 16/09/2022

Madan, un humain corrompu par la magie noire et devenu nécromancien. Talik, sa création accidentelle qui a hérité des pouvoirs de Planeswalker que le nécromancien dernier convoitait. Vous connaissez leur histoire désormais. Mais il reste encore un chapitre. Le moment fatidique où le mort-vivant et l'entité avatar-esprit se rencontreraient allait enfin avoir lieu. Voici le dénouement tant attendu de ces récits !

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Chapitre 4: Confrontation finale
Année 4560 : Début de la Guerre des Planeswalkers

Talik avait beaucoup évolué depuis sa première rencontre avec Drana, la Chef de Sang des Kalastria. Après une année depuis son apparition dans le Multivers, l'avatar-esprit avait fait des rencontres et appris à canaliser ses pouvoirs. Il a su trouver sa place dans le Multivers et est devenu un Planeswalker à part entière. En revanche, il y avait encore un tas de questions auxquelles il n'avait jamais pu répondre : « D'où vient-il ? » « Pourquoi un être tel que lui avait vu le jour ? » « Et quel rôle aura-t-il à jouer dans le Multivers ? »

Mais Talik sentait chaque jour comme si celui-ci était plus proche que jamais. Il ne le savait pas encore, mais aujourd'hui plus que jamais, il avait raison.

Dans le Multivers, les événements actuels ne sont pas joyeux : un ancêtre-planeswalker-dragon terrorise les différents plans, en asservissant tous les peuples qui y vivent, un par un. Talik n'avait heureusement jamais fait la rencontre de ce dragon, mais en avait assez entendu parler pour connaître son nom : Nicol Bolas. Il aimerait que cette période d'effroi cesse, mais avait l'étrange impression que cela n'était pas son rôle. Alors il se contentait de continuer de vivre tel qu'il l'entendait.

Alors qu'il faisait un tour sur Dominaria, Talik sentit un signal étrange provenant d'un autre recoin du Multivers. Il avait déjà fait une petite visite le plan d'où provenait ce signal : Ravnica. Autour de lui, il vit quelques personnages, probablement des Planeswalkers, disparaître de la surface du plan. Seraient-ils eux aussi appelés par ce signal ? C'était là un mystère que Talik voulait résoudre. Il chercha à transplaner sur Ravnica, mais une voix l'arrêta.

Non... n'y vas pas...

De toutes les choses étranges auxquelles Talik a été exposé, celle-ci l'était le plus. Il avait déjà entendu à de nombreuses reprises des voix depuis son apparition sur Zendikar. Mais celle-ci était... différente. Elle était beaucoup plus sombre et beaucoup plus démoniaque que les précédentes, déjà très noires. Et comme la première, il avait l'impression de l'avoir déjà entendue quelque part, de la connaître. La voix répéta quelque chose de nouveau.

Viens... le moment est venu.

Puis la toute première qu'il n'ait jamais entendue, bien qu'oubliée, revint à son esprit.

REVIEEEEEENS !

Et le signal provenant de Ravnica s'étouffait. Un autre, beaucoup plus puissant, l'attirait vers un endroit inconnu. Il n'y était jamais allé, du moins n'en avait pas le souvenir, et pourtant, il semblait savoir vers où ce nouveau signal menait. Talik attendait d'entendre de nouvelles voix, mais rien. Seulement ce nouveau signal qui ne faisait qu'étouffer le premier. Cette fois-ci, il en était convaincu : cet appel allait le mener vers sa mission, la place qu'il doit occuper dans le Multivers. Ainsi, il transplane.

L'endroit dans lequel il avait atterri était désert. La végétation semblait morte, le sol était en piteux état. Mais en observant les paysages au loin, il ne vit que des arbres. Il se trouvait probablement dans une forêt dont l'un des secteurs à complètement été ravagé. Selon lui, il n'avait pas transplané dans cet endroit du plan par hasard. Cela avait un lien avec cet appel. Et sûrement avec ses origines...

Lorsqu'il se déplaça en exploration, il fut entouré de zombies en tous genres, sortis de nulle part. Il avait déjà eu affaire à certains d'entre eux sur un plan appelé Innistrad, et ces derniers étaient incapables de le toucher. Il répéta l'expérience avec ces créatures, et comme pour les précédentes, elles ne pouvaient rien lui faire. Ainsi, grâce à sa magie blanche, il vit disparaître sous un halo de lumière les morts-vivants qui l'entouraient. Il s'arrêta lorsqu'il entendit une voix étrangement familière.

J'attendais ce jour avec impatience.

Talik se tourna vers la source de cette voix. C'était la voix de celui qui lui criait de revenir. Mais cette fois, son hôte était là, lui-même. Un squelette enveloppé d'une large cape noire, orné d'une couronne de jais, un sceptre dans les mains dépourvues de chair.

Je vous connais, vous. J'en suis sûr.

Nous nous sommes déjà vus une fois, en effet. Mais cela fait longtemps que j'attendais que tu reviennes.

Talik était définitivement intrigué par les paroles du squelette.

Je suis donc déjà venu dans cet endroit ?

Mieux encore : c'est ici que tu as été conçu. Par moi-même.

Talik n'a jamais été autant surpris de son existence qu'à cet instant précis. Pour la première fois de sa vie, des réponses allaient probablement lui être accordées.

Comment ça « conçu par vous-même » ? Pourquoi ?

Le squelette fut assez surpris de comprendre que l'esprit ne sache rien.

Tu m'as l'air bien largué, ma chère création. Je crois qu'il va falloir tout t'expliquer, avant qu'on ne passe à l'essentiel. Je peux bien t'accorder ça avant qu'on en finisse...

Qu'on en finisse ?

Rien de bien sorcier, mais laisse-moi tout te raconter, ainsi, tu comprendras pourquoi j'avais besoin que tu reviennes.

Le squelette commença alors un long récit.

Tu te trouves sur les Terres Originelles, c'est ainsi que se nomme ce plan. Ici, tous les habitants vénèrent Le Seul Dieu Tout-Puissant, notre Maître à tous, le Dark MogwaÏ (GàL). La Secte des Magiciens Fous contrôle les Terres Originelles en Son Nom. Moi, je ne suis rien d'autre que l'un de Ses fidèles, Madan Shadowend. Je sers notre Seigneur (GàL) avec des sacrifices, pour que ces âmes rejoignent Son Néant, afin de Le satisfaire. Quant aux cadavres des impies que nous sacrifions, ils sont obligés de rester ici, alors moi, en tant que nécromancien, je leur rends la vie, en faisant d'eux des morts-vivants à mon service, et au service de Sa Grandeur (GàL).

Talik tenta de prendre la parole, mais Madan poursuivit sans lui en laisser l'occasion.

Quel est le lien avec toi, tu dois certainement te demander ? Eh bien, que je sache, pour une fois, le Dark Mogwaï (GàL) n'y est pour rien. Tu te demandais comment je t'avais créé et pourquoi. Sache qu'au départ, moi aussi, je n'ai pas compris pourquoi tu étais venu au monde. À l'origine, je ne cherchais qu'une seule chose : devenir un Planeswalker. Pouvoir servir Le Seigneur (GàL) au-delà des Terres Originelles est un privilège que je me devais d'être accordé. Alors j'ai cherché, je me suis dépensé, entraîné, dans le seul but d'embraser mon étincelle de Planeswalker, tout cela ici même, là où nous nous trouvons en ce moment, au milieu de cette partie ravagée de la forêt. Et j'ai réussi. J'avais embrasé mon étincelle. Toutefois, c'est un hôte différent, issu de moi-même, du moins celui que j'étais auparavant, qui a surgi de nulle part, et s'est enfui avec MON étincelle.

Talik restait perplexe.

Cela n'explique pas pourquoi vous m'auriez créé.

Voilà le tout : je ne sais toujours pas pourquoi je t'ai créé. Et je ne le voulais pas. Je voulais embraser mon étincelle de Planeswalker afin que ce soit moi, et moi seul, qui en bénéficie. Il ne devait pas y avoir d'entité extérieure pour me la voler.

C'était là que Talik reçut le plus grand choc. Si ce que Madan dit est vrai...

Alors je n'aurais jamais dû exister... Je n'ai pas de place dans le Multivers...

Non, « clone d'Aclunior ». Je ne sais pas comment j'ai fait pour te créer, et j'ignore tout autant dans quel but je l'ai fait. Mais c'est arrivé, et ça n'aurait pas dû.

Je ne sais pas ce que « clone d'Aclunior » signifie, mais mon nom est Talik. Quant au fait d'exister, moi, je n'ai rien demandé. Je n'y suis pour rien.

Ces paroles semblaient ravir Madan. Il brandit son sceptre, ce qui provoqua un mouvement de recul à Talik. Il se fit une idée sur ce qu'il allait se passer, se préparant au pire.

Je peux savoir ce que vous comptez faire ?.

Madan avait tant patienté. Il attendait depuis trop longtemps de pouvoir répondre à cette question. Le voilà exaucé.

Tu vas me rendre ce qui m'appartient. Rends-moi mon étincelle sans faire d'histoire. Tu ne pourras pas t'enfuir : la SMF a des émissaires partout dans le Multivers. Si tu résistes et que tu t'enfuis, ils te traqueront, te trouveront, et t'amèneront à moi. Et crois-moi, ce sera beaucoup plus douloureux à endurer pour toi pour me rendre mon étincelle.

Talik comprit que Madan ne l'attendait pas pour faire ami-ami. Ses intentions son hostiles.

Tu veux donc me tuer.

Que je te tue ou non, ça n'a aucune importance pour moi. Mais je suis obligé de le faire si je veux récupérer mon étincelle. Un Planeswalker n'est rien sans elle. À moins bien sûr que tu me la rendes de plein gré, auquel cas je t'épargnerai. Seulement, je t'ai observé tout à l'heure, contre mes morts-vivants. Tu sembles n'être composé que par elle. Tu ES mon étincelle. Je suis prêt à parier que c'est une propriété unique chez les Planeswalkers, mais je n'en ai rien à faire. Je dois récupérer ce qui m'appartient, le reste n'a aucune importance.

Talik esquissa un sourire.

Je pourrais très bien m'enfuir quand même, en ignorant tes propos, Madan. Mais pour une fois que des réponses me sont accordées sur mon existence, je ne peux pas m'en aller sans en savoir plus. Fuir éternellement n'est pas la façon de vivre que je souhaite. Je pourrais trouver d'autres alliés dans le Multivers, mais avec ce Nicol Bolas qui traîne, je n'ai pas envie de déclencher une autre guerre dans le Multivers. Cela ne sert à rien.

Il se mit à se charger d'énergie.

De plus, je ne peux pas passer le reste de ma vie en te laissant en liberté. Tu n'es pas un être bienveillant, cela saute aux yeux. Alors je suis d'accord avec un point que tu as dit juste avant de tout me raconter : il faut qu'on en finisse. Alors voici ma réponse à ta question « Tu peux me rendre mon étincelle silteuplé ? ». Écoute-la bien, je ne le dirai pas deux fois.

Il se pencha en avant et, d'un large sourire provocateur, prononça la phrase suivante face au nécromancien.

Va te faire voir.

Ces paroles mirent Madan hors de lui. Il brandit son sceptre et le chargea de magie noire qui vient plonger dans le sol. Une véritable armée de morts-vivants en tous genre, squelettes, zombies, également des esprits, mais aussi un mélange de ces êtres avec des anges, des démons ou même des dragons. Toutes ces créatures entouraient désormais Talik.

Je vois que tu as ramené les copains.

Tu vas les adorer.

Le nécromancien reprit son sérieux et lança l'ordre à ses créatures.

Éliminez-le.

Sur ces mots, les morts-vivants se ruèrent tous sur Talik. Grâce à son intangibilité, ni les zombies, ni les squelettes ne pouvaient le toucher de quelque façon que ce soit. Il ne prêta alors attention qu'aux esprits, qui ont déjà pu entrer en contact avec lui sur Innistrad. Aucun d'entre eux n'eut l'occasion de lui administrer le moindre coup : Talik les éliminait avant. Lorsque la majorité de ces esprits furent éradiqués, Talik concentra toute son énergie, chargeant magie blanche et magie noire, et la relâcha tout entière, créant une onde magique faisant disparaître toute l'armée de morts-vivants qui l'entourait. Madan fut obligé de se protéger avec sa propre magie noire, mais tous les morts-vivants qu'il avait moissonné pour l'occasion avaient disparus.

Je dois reconnaître que c'est impressionnant.

Je te remercie. Seulement, un conseil : les copains, c'est bien, mais assure-toi qu'ils feront bien leur boulot.

De toute façon, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, n'est-ce pas ?

Talik sentait que les choses sérieuses allaient commencer maintenant. Il se concentra.

Amène-toi.

Le squelette chargea sur sa création, et lui flanqua un coup au visage de son sceptre. Il profita de la surprise pour lui attraper le cou, le flanquer au sol et l'étrangler.

Tu t'es cru insensible ? N'oublie pas qui t'a créé. Si tu pensais que je ne pourrais pas te toucher, tu es alors vraiment stupide.

Que tu crois.

L'avatar-esprit envoya un halo de magie blanche dans la face de Madan. Ce dernier fut contraint de le lâcher, cherchant à apaiser sa douleur. Talik profita de sa garde baissée pour lui lancer d'autres attaques, aussi bien physiques que magiques. Madan fut submergé par ces assauts et s'écroula contre un rocher.

C'est fini, Madan.

Tu crois ça ? Si tu me terrasses, la SMF n'aura que perdu un Membre. Que tu gagnes ou que tu fuies, tu auras des gens à ton dos. Et crois-moi, il y a toutes sortes d'êtres imaginables en son sein. Tu ne pourras pas fuir le Dark Mogwaï (GàL).

Je ne suis pas méchant. J'irai les voir.

Et tu te feras terrasser sans vergogne... Crois-moi, tu auras dû me laisser ton... MON étincelle tant que tu en avais encore le temps... mais tu sais quoi ? Tu vas avoir droit à une seconde chance.

Quoi ?

Madan gagnait du temps en appelant deux nouveaux esprits dans le dos de Talik. Ceux-ci le prennent de surprise et lui font baisser sa garde. Le nécromancien en profite alors pour emprisonner l'avatar dans une sphère d'énergie noire. Puis il se releva.

Tu disais qu'il fallait que les copains s'assurent de bien faire leur boulot, non ? Je n'en ai jamais douté, et ils viennent de le prouver à nouveau. Tu disais également que c'était fini, cette fois. Je suis d'accord, il faut en finir. Je ne vais même pas te laisser ta seconde chance finalement : tu m'as énervé. Je vais donc reprendre mon dû et toi, tu cesseras d'exister.

Madan resserra la sphère d'énergie noire, torturant Talik. Puis il approcha, tendit la main, attrapant à nouveau le « cou » de Talik.

Ce sentiment est si agréable. Il va me manquer.

Le nécromancien s'apprêta à porter le coup décisif, mais à sa grande stupeur, les deux esprits se retournaient contre lui et l'attaquaient. Sans difficulté, Madan s'en débarrassa, mais Talik était désormais libéré. Le nécromancien se prit d'un accès de rage.

Comment... COMMENT EST-CE POSSIBLE !

Talik ricanait.

Allez, à mon tour de faire le blabla. Je suis un avatar, mais également un esprit. J'en ai déjà rencontré un bon nombre. Alors j'ai appris à tisser des liens avec eux... Ainsi, ces deux esprits ne sont plus à ton service. Je leur ai rendu la liberté, et en remerciement, ils m'aident à en finir avec toi.

Madan était dévasté. C'était la première fois que l'une... non, deux de ses créations lui étaient volées... Ironie du sort, le fait a été accompli par une autre de ses créations... une création accidentelle, dont il n'avait jamais voulu.

Non... je ne veux pas y croire...

Et pourtant, c'est la vérité. Maintenant, arrêtons de tourner en rond. On n'arrête pas de dire que c'est fini, rendons ça vrai.

Talik prépara un halo de lumière et envoya la sauce sur Madan. Le corps du squelette se dissolvait petit à petit.

Adieu, Madan... Ou devrais-je dire « à Lui », apparemment.

Le nécromancien agonisait. Cette fois, c'était la fin pour lui.

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

Il ne restait désormais plus rien de lui. Le squelette avait disparu. Madan était définitivement mort.

Ce sentiment parut étrange à Talik : il venait de tuer l'être qui l'avait mis au monde. Et maintenant, qu'allait-il faire ? Aller à la rencontre de la SMF comme il l'avait pensé ? Il lui parut évident que oui. Il envoya les deux esprits annoncer à la Secte des Magiciens Fous qu'il arrivait, après quoi il n'aurait plus d'autre faveur à leur demander. Lorsque les esprits partaient, Talik se sentit bizarre. Ce n'était pas de la faiblesse... en fait, il sentait une présence.

Il se retrouva au milieu du vide. Cet endroit, il le reconnut : c'était là qu'il a été conçu. Là que Madan lui a donné naissance, et c'est depuis cet endroit qu'il s'est enfui sur Zendikar il y a environ un an.

Je connais cet endroit...

Oui, c'est là que Je t'ai créé...

Talik pensa d'abord que la voix venait de Madan, mais il reconnut plutôt une autre voix. Celle qui l'avait guidé sur les Terres Originelles, le défendant d'aller sur Ravnica.

Qui êtes-vous ?

Je ne suis qu'un fruit de Sa Volonté, comme le jour ou Madan est devenu ce qu'il était avant que tu ne l'élimines, conformément à Ma Volonté.

C'est... Le Dark Mogwaï qui me parle ?

Disons... que le Dieu (GàL) de ce plan cherche à te communiquer des informations supplémentaires. Lorsque J'ai vu la soif de pouvoir de Madan, J'ai pensé que Je pourrais en tirer profit. Tout ce qui était attendu de lui n'était que l'offrande sacrificielle, le carnage qu'il a fait lorsqu'il a... évolué. Tout le reste n'avait qu'un seul but : créer le véritable être puissant qui allait M... Le servir au sein du Multivers. Ton apparition est en effet Mon œuvre. Et Madan n'était que le pantin qui allait lui donner vie.

Décidément, Talik allait de révélation en révélation.

Madan... n'était qu'un pion dans tout ça ?

Oui. Il voulait devenir un être puissant afin de Le servir (GàL). D'une certaine façon, il a réussi... En devenant... Toi.

Comment ça, en devenant moi ?

Comme il te l'a dit, tu as la même apparence que lui lorsqu'il n'était qu'un humain. Ton rôle est de le remplacer. Sa disparition est également... un sacrifice immense pour Lui (GàL).

Talik ne comprenait pas tout ce qui se passait. La voix poursuivit.

Rejoins la SMF. Sers-Le (GàL). Le Dark Mogwaï (GàL)... a besoin d'êtres aussi prometteurs que toi.

Talik était de nouveau sceptique.

Pourquoi j'accepterais ?

Tu n'as aucune raison de refuser. Cet imbécile de Madan était le seul à attendre ton retour dans le but de te tuer. La SMF t'accueillera à bras ouverts. Et si tu en doutes... Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, non ?

Vous en savez autant que ça ?

Je suis très bien placé pour le dire. Rejoindre la Secte des Magiciens Fous a été pour tous ses adeptes l'expérience la plus enrichissante de toute leur vie. Ne passe pas à côté de cela.

Talik se sentait quitter le vide dans lequel il était plongé.

À bientôt.

Sur un rire diabolique, le vide se dissipa. Talik était de retour sur les Terres Originelles, au milieu de la forêt ravagée. Les esprits qu'il avait envoyés voir la SMF étaient revenus.

Bonjour, Talik. Nous avons averti la SMF de ton arrivée, comme tu l'avais demandé. Nous tenions à te le dire, mais surtout à te remercier pour nous avoir libéré. Pour nous permettre de profiter d'une après-vie libre. Pour cela, nous t'en serons éternellement reconnaissants.

Talik reprint ses esprits... enfin, les siens, pas ceux à qui il parlait. À eux, il ne fit que leur répondre d'un grand sourire.

Tout le plaisir était pour moi. Profitez bien de votre après-vie.

Les deux esprits s'envolent. Talik, quant à lui, repensa à l'entretien qu'il a eu avec cette voix au milieu de nulle part. Qu'il rejoigne la SMF ou non, une chose était sûre : il mourait d'envie d'aller à leur rencontre.

Très bien, la Secte des Magiciens Fous. J'arrive.

Edité 2 fois, dernière édition par Kalitas_PkMTG Le 30/09/2022

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Le Dark Mogwaï

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Gérard : Rhalala, avec Nana ça n'a jamais aussi mal marché que cette nuit...
Entaï : En même temps, quelle idée d'utiliser un anneau porte-malheur comme ça...

Proposé par Dark Mogwaï le 19/06/2012

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