La chanson d'amour de Nuit et de Jour

Articles
par Tybalt, le , 21099 consultations , 2

  Connaisseur / L'univers de Magic



Cette chanson poétique et pleine d'exotisme a été écrite pendant l'élaboration du continent de Djamuraa, qui sert de décor aux extensions Mirage et Visions. Dix-sept cartes de ces deux extensions ont pour textes d'ambiance des passages de cette chanson : chose exceptionnelle, le texte entier existe. Son compositeur est Jenny Scott, membre ancien de Wizards of the Coast (il a notamment contribué au magazine américain The Duelist). Le texte original se trouve ici : http://www.wizards.com/default.asp?x=mtgcom/feature/145

Voici donc la traduction intégrale de cette chanson. C'est une traduction personnelle, où je ne suis pas nécessairement les traductions adoptées pour les passages cités sur les cartes, et où je prends parfois quelques libertés par rapport à ce que serait une traduction littérale, pour que le résultat reste poétique. En revanche, suivant le modèle de la page du site de WotC, je précise au moyen de notes de bas de page quelles cartes citent tel ou tel passage. La chanson prend la forme d'un dialogue entre les deux amants.
Précisons que, contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre en français, Nuit est l'homme et Jour la femme.
Bonne lecture !


Chanson d'amour de Nuit et de Jour
par Jenny Scott, traduit par Tybalt


Nuit :
Enveloppe-toi des couleurs vives de tes plus beaux vêtements, de tes écharpes de soie rouge et mauve.
Cours avec moi au festival, où nous allons danser jusqu'à l'aurore.
Les nains battront de leurs tambours cocasses de peaux de zèbres et de troncs creux,
tandis que les marcheurs en échasses donneront leur spectacle, et que le musicien jouera de sa flûte en bambou.

Jour :
Et très tard dans la nuit, poètes et conteurs sont de la fête,
Et pour notre plaisir ils font danser les mots, et nous les écoutons, applaudissant, auprès du feu.
Enchante-moi d'histoires que tu me conteras. Parle-moi d'Arbre, et d'Herbe, et de Fleuve, et de Vent.
Parle de Vérité, pourquoi elle combat Faux, et pourquoi Vérité l'emportera toujours. (1)

Nuit :
Et je raconterai les histoires de mon père : comment la mante géante a pu duper la Mort
En se tenant plus roide qu'un tronc d'arbre tombé ; comment les éléphants ont piétiné
Le petit léopard, et son père, qui avait tout appris pourtant, tua neuf boucs à la place d'eux. (2)
Et comment les pirates parièrent contre un djinn, et perdirent la chose plus précieuse que l'or. (3)

Jour :
Ce soir sera notre festin d'adieu. La bouillie froide d'avoine, ça ne suffit pas !
Epluchons des papayes, des ananas, des mangues, buvons le lait de ces noix de coco,
Mettons à griller ces bananes. (4) Nous dînerons de crocodiles, d'oiseaux sauvages, et de tortues,
Peut-être d'un hippopotame - pourvu que tu parviennes à l'attraper avant !

Nuit :
Je bâtirai un palace entièrement fait de pierre. Deux gardes à tête d'hippopotame y seront tes esclaves,
Et pour porter les plats il y aura des tigres. Je capturerai des zèbres ailés
pour te servir de destriers, et je peuplerai l'écurie de toutes les races de licornes (5),
Et papillons et salamandres viendront décorer ton jardin.

Jour :
Je préparerai de longs colliers de perles pour toi, bleues, la couleur que les rois seuls savent porter.
Je sculpterai une lionne en stéatite, et une boîte en bois pour l'enfermer dedans,
Je la décorerai d'amulettes en saphir, de plumes d'autruches, et d'ivoire.
Tous ces présents te protègeront en mon absence, et te rappelleront l'amour que j'ai pour toi. (6)

Nuit :
Ta voix a les accents d'un chant d'oiseau, tes mots ont la douceur de chansons caressantes,
Lorsque tu cours, tu es gracieuse et vive, tes membres luisent, ainsi que la panthère puissante. (7)
Caméléon mystérieux, tu es un millier de femmes ensemble,
Sévère et forte comme la lionne, mais tendre ainsi que la gazelle rayée.

Jour :
Pour notre dernier jour ensemble, allons marcher dans les herbages.
Tiens-moi la main ; marchons lentement ; regardons tout avec des yeux d'enfants.
Marchons dans les Plaines de Daradja, où, dans les arbres, des léopards faisant la sieste laissent leurs pattes pendre des branches,
Et leurs queues en pompon se balancer dans l'ombre, près des villages des elfes arboricoles.

Nuit :
Ô gloire ! Marcher dans la savane avec ma bien-aimée.
Un lion s'avance impérieusement, en général parmi ses troupes,
Campant le soir la veille d'une bataille. Un serpent, coloré, recourbé, s'enroule
Autour de son rameau, vicieux, au-dessus du chemin qui mène vers le village.

Jour :
Nous trouverons des termites dans leurs nids, de hautes et solides tours devant les plaines,
Et des chats aux oreilles en pointes, à tour de rôle, gardant leurs multiples entrées.
Nous trouverons des nids d'oiseaux en forme de paniers pendant des branches de l'acacia.
Ni rhinocéros ni dragons, pour cette fois du moins, ne troubleront la paix de notre promenade.

Nuit :
Quand la foudre lacère le manteau noir du ciel, et quand l'oiseau de paradis frappe les eaux
Des plaines de boue avec ses grandes ailes, termites et grenouilles s'enfuient de leurs maisons
Et font route vers les lampes du village le plus proche. Les araignées se sèchent près des foyers,
Et les lézards tachetés, qui ne tombent jamais des plafonds, font leur soudaine apparition.

Jour :
Dans la forêt, les feux éclairent le ciel pendant que les nuées noires déploient leur masse. ( 8 )
La guenon noire et blanche, sacrée, tenant son petit tout contre elle, attend. (9)
L'amour, comme la foudre, frappe soudainement. Il illumine le coeur de ses coups de lumière,
Et propageant son feu, courbe, dilate, bat, démolit vos antres.

***

Jour :
Rappelle-toi quand nous étions enfants, paissant ensemble les troupeaux,
Quand nous les conduisions sur les collines herbeuses, avec de longs bâtons. Tes chansons bêtes
Me faisaient rire. Le soir venu, tu m'enchantais de tes histoires,
Allongé sur le dos tout près de moi. En ces moments déjà mon coeur t'appartenait.

Nuit :
Je me rappelle tes sacrés rites. C'était si drôle, te voir si grande,
Si roide et sérieuse, toute en bras et en coudes. C'est une fille qui est partie,
Mais c'est une guerrière qui nous est revenue. Tu es rentrée avec les autres -
Ta chevelure coupée, ton oeil tatoué du rouge triangle de la guerre. (10)

Jour :
Demain je dois partir, mon bien-aimé. Je vais orner mon crâne d'un tatouage de tresses.
J'arborerai sur mon écu un soleil éclatant : jamais tu ne me quitteras.
Incrusté d'or, il brillera semblable à la lueur des braises. (11) Je reviendrai
Avec des peaux de lézards pour tes sandales. Peins-toi les yeux en noir et attends-moi. (12)

Nuit :
Moi je suis le soleil, et toi tu es la lune. Où que tu ailles, j'irai,
A ta suite à travers l'immensité du ciel, aussi longtemps que je vivrai et que tu m'aimeras.
Soleil suit Lune jusqu'à ce qu'elle se fatigue, puis il la porte jusqu'à ce qu'elle soit forte
Et reprenne sa course devant lui. (13) Toi aussi, mon aimée, mes bras te porteront.

Jour :
Ô mon amour, nous ne sommes pas Soleil et Lune. Nous ressemblons plutôt à nuit et jour.
Les anciens disent que Jour est une femme, qui ne travaille que tant qu'il y a de la lumière.
Elle fait paître ses chèvres, attrape du poisson, remplit ses champs d'avoine dorée,
Elle montre à ses enfants ce qui est juste et les protège du cobra.

Jour aime Nuit, qui dans l'obscurité travaille, marchant parmi les cieux de lait du paradis,
Cueillant les astres avec ses bras rapides pour les accumuler dans un panier
Comme un enfant qui collectionnerait les lézards, et les empilerait dans un pot
Jusqu'à ce que le pot déborde de lézards, jusqu'à ce que le panier déborde de lumière.

Nuit porte un manteau noir bordé de feu, à la doublure semée d'étoiles scintillantes.
A l'aube et au couchant il guette son aimée. Parmi les rondes collines du firmament,
Ils s'aperçoivent - mais c'est si bref... et ils s'adressent des baisers, en pleurant.
Leurs larmes se dispersent partout sur Djamuraa. Mêlées de sang, elles colorent tout en rouge. (14)

Une fois, pourtant, grâce à un magicien, le Temps fut suspendu et Jour s'arrêta net. (15)
Nuit s'étendit sur Djamuraa, il enveloppa Jour dans son grand manteau noir, et l'étreignit.
Dans leurs miraculeux embrassements, de deux ils devinrent Un. Jusqu'à ce moment où
Tiré des bras de Jour, Nuit s'engloutit, sur l'injonction de l'horizon
occidental qui toujours lui fait signe de venir à lui.

Nuit :
Je ne renoncerai pas, ma bien-aimée.

Jour :
Notre amour est semblable au fleuve à la saison d'été des longues pluies :
Pour un moment il a quitté ses rives et noyé les récoltes dans les champs. (16)
Bientôt, pourtant, il va s'évaporer sous la brûlure de la sécheresse. Comme Jour loin de Nuit,
C'est séparée de toi que je vivrai ma vie, et je n'aurai de toi, loin dans le ciel, que de brefs aperçus,
Car tu ne peux changer, ô mon chéri, et moi non plus. (17)

1. Ancien du village
2. Eléphant sauvage
3. Pirates de la Koukemssa
4. Récolte précoce
5. Licorne zébrée
6. Remède
7. Guerrières panthères
8. Flamboiement
9. Simoun
10. Chevalier zhalfirin
11. Lumière aveuglante
12. Chevalier fémeiref
13. Char du soleil
14. Plaie mortelle
15. Sables du Temps
16. Floraison estivale
17. Désirs inassouvis

2 Louanges

smaug, le 15/02/2008

Très joli.
En plus d'être joli, cetexte fait référence à de nombreuses cartes, j'adore ^^

Note : 10/10

Tornas, le 17/11/2007

Wouaw, quelle beauté !
Vraiment, j'en suis tout retourné, celui qui a écrit ce poème est un génie, j'adoooooooooooore !!!!!!

Note : 10/10

Ajouter une louange

Vous devez vous identifier pour participer.

Appréciation

Note :  

Contenus relatifs

Les Arpenteurs

 Articles

Partenaire Magic ATP

Hour of Devastation / L'Age de la Destruction - Set Complet - (en Français)

249.00 € 230.00 €

Incarnation personnelle (Oversized 6x9 Promos Arena League) (en anglais)

18.00 € 9.00 €

Duel Decks : Mind vs. Might - Bleu/Rouge/Vert - (EN ANGLAIS)

24.99 € 22.00 €

Sondage

L'hiver arrive, comme disait l'autre. La solution au froid c'est :

Résultats
(déjà 140 votes)