25 ans, 25 cartes — Épisode 3 : Opposition - Magic the Gathering

25 ans, 25 cartes — Épisode 3 : Opposition

25 ans, 25 cartes — Épisode 3 : Opposition

Opposition, c’est la douce tyrannie. Le genre de carte qui transforme une partie de Magic en un huis clos lent et implacable. À l’époque du T2 7e édition, je n’avais pas les moyens de la jouer, mais j’en rêvais. Entre écureuils, orbes statiques j’ai compris que Magic, ce n’était pas seulement poser des créatures : c’était apprendre à casser du mental

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Opposition, c’est la douce tyrannie. Le genre de carte qui transforme une partie de Magic en un huis clos lent et implacable. À l’époque du T2 7e édition, je n’avais pas les moyens de la jouer, mais j’en rêvais. Entre écureuils, orbes statiques j’ai compris que Magic, ce n’était pas seulement poser des créatures : c’était apprendre à casser du mental

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le , par Don Pako
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ÂGE D'OR DE LA DOUCE TYRANNIE


Je n'ai jamais joué Opposition au moment où elle régnait vraiment.
C'était le T2 7e édition, le set de base fait pour elle.
Tu sais, celui où traînaient encore les Elfe de Llanowar,les vrais, et les bons vieux Oiseaux de paradis

C'était un Magic simple et brutal à la fois. Tu avais ton mana, tes bêtes, et cet enchantement venu d'un autre âge qui, faisait basculer la table entière.
Opposition disait : “toi tu ne joues plus, c'est mon tour jusqu'à la fin des temps.”
Et autour, Odyssée ajoutait ses briques : des Nid d'écureuil, des créateurs de tokens récursifs, des Orbes statiques... Un cauchemar organisé.
Pire qu'une case prison au Monopoly, mais tellement satisfaisant quand tu étais celui qui tenait la manette.


LE GRAND LIONEL


Dans notre cercle, on avait le grand Lionel.
Un genre de demi-dieu local, un de ceux qui connaissaient les timings par cœur, qui citaient les rulings avant qu'on ait fini de poser la question.
Lionel, il ne jouait pas Opposition. Il vivait Opposition.

Ce mec-là avait toujours un deck qui te donnait envie de pleurer de rage et d'admiration.
Son “Oppo” tournait comme une horloge suisse.
Et le pire, c'est qu'il savait que c'était insupportable. Il jouait lentement, posément, un sourire tranquille, pendant que toi tu comptais tes permanents inutiles.
Un despote élégant.

Puis un jour, il a sorti sa version Sultaï, avec Nattes de la Coterie.
Alors là, plus rien n'était pareil.
C'était beau, c'était malsain, c'était du grand art.
Et je crois qu'il m'aura fallu attendre Liliana du voile pour qu'une autre femme de Magic me fasse battre le cœur aussi fort.



TOI TU VIS, TOI TU VIS, TOI TU CRÈVES


Lionel avait un truc : il prêtait souvent ses decks aux copains.
Alors parfois, j'étais celui qui tenait la Opposition.
Et là, je te jure, j'ai compris.

Tu ne joues plus à Magic. Tu joues à Dieu.
Chaque tour, chaque entretien, chaque token d'écureuil devient une prière silencieuse.
Tu contrôles le souffle du jeu.

Et quand l'autre commence à s'agiter, à taper ses doigts sur la table, tu le regardes avec compassion et cette image en tête :



L'adversaire tapait ses lands, impuissant, pendant que les écureuils tout mignon tout gentils ( pas comme ceux du Pyla sur Mer qui te refont les parasols a chaque été !) se mettaient en marche.
Une marée verte et silencieuse.


RENDEZ-VOUS MANQUÉ


Je n'ai jamais pu monter Opposition à l'époque.
Lycéen, trois decks en rotation, un budget de sandwichs SNCF et de boosters à la pièce.
Alors je regardais, j'apprenais, je savourais les parties des autres.

Plus tard, quand l'Étendu existait encore, j'ai bien tenté une version.
Mais c'était plus pareil. Le jeu avait changé, les cartes allaient plus vite, les formats aussi.
Opposition n'avait plus de royaume à dominer.

Et pourtant, même en la jouant “hors format”, il y avait quelque chose de magique.
Cette impression d'arrêter le temps, juste un instant.

LA BEAUTÉ DU CONTRÔLE ABSOLU


Quelle élégance, franchement.
C'est peut-être ça, le vrai raffinement du joueur de contrôle : ne pas humilier, mais suspendre.
L'adversaire comprend ce qu'il se passe, mais il ne peut rien faire.
C'est lent, c'est cruel, c'est fascinant.

Avec Opposition, tu ne gagnes pas vite, tu gagnes propre.
Chaque tour est un choix, chaque déclenchement une caresse.
C'est la carte qui te fait comprendre que Magic n'est pas un sprint, mais une partie d'échecs sous acide.

Et plus le temps passe, plus je me rends compte que ce sont ces moments-là qui restent.
Pas les tournois gagnés, pas les trophées, mais les soirées enfumées autour d'une table bancale,
où tu expliques à un jeune joueur que oui, il fut un temps où les écureuils dominaient le monde.



Conclusion


Opposition m'a appris que la vraie puissance, ce n'est pas de tuer plus vite,
c'est de faire durer la partie jusqu'à ce que le monde entier s'y résigne.

Un enchantement qui ne m'a jamais appartenu, mais qui m'a façonné.
Un rendez-vous manqué, mais un amour intact.
Et peut-être que c'est ça, au fond, la plus belle définition du joueur de Magic :
un éternel nostalgique, qui sourit encore en se souvenant de la fois où un écureuil 1/1 a tapé son premier terrain.


Fin de tour go.

Alors c'était comment ?

     
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L'auteur

Don Pako
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Le Dark Mogwaï

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When the break of days are cold
And the cardpeckers are fold
And the saints we see are all made of venarian gold
When your vengeful dreams all fail
And the nameless ones we hail
Are the worst fears of all
And the searing blood's run stale
I want to hide the echoing truth
I want to shelter you
But with the molder beast inside
There's nowhere we can hide
No matter what we breed
We still are made of greed
This is my kingdom's come
This is my kingdom's come

When you feel my heat stroke, look into my ophidian eyes
It's where my shadowborn demons hide
It's where my shadowborn demons hide
Don't get too close
It's a dark maze inside
It's where my shadowborn demons hide
It's where my shadowborn demons hide.

At the curtain of light's call
Is the last of all
When the angel of light fade out
All the sin collectors crawl
So they dug your shallow grave
And the masquerade will come calling out
At the mess you made
Don't want to let you down
But I am hell's caretaker
Though this is all for you
Don't wan't to hide the echoing truth

No matter what we breed
We still are made of greed
This is my kingdom's come
This is my kingdom's come
When you feel my heat stroke, look into my ophidian eyes
It's where my shadowborn demons hide
It's where my shadowborn demons hide
Don't get too close
It's a dark maze inside
It's where my shadowborn demons hide
It's where my shadowborn demons hide.
-Imagine mordant dragon, in 666 of the greatest Multiverse song of all time.

Proposé par Valàar le 27/10/2014

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Mais quel moulin à vent cet Aang, si seulement il avait pu être le dernier maître de :

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